Le vélo autrement

Automne 2016

MTB Câmpina 21 km le 3 septembre : n’est pas une course du Riders Club.

 

Je connais bien le circuit de Câmpina pour l’avoir déjà fait 2 fois, en 2012 et 2013.

Mais le parcours a été modifié, complété par une montée supplémentaire au départ et une autre à la fin. Ce qui fait 5 km en plus, très difficiles. Voici une photo de la côte du départ: thcampina 04

Mais tout d’abord, il faut savoir que j’avais un rendez-vous avant la course. J’ai fait la connaissance de Simona, une dame d’une trentaine d’années qui a abandonné le MTB pour s’adonner plutôt à la course sur route. Mais aujourd’hui, elle est venue avec quelques amis « pour se distraire » et aussi pour discuter avec moi. J’expliquerai pourquoi dans un autre chapitre intitulé « Bientôt 2017 »

Je ne connais pas du tout le niveau de Simona mais je suis surpris de la (re)trouver plusieurs fois sur le parcours. Pour moi, c’est toujours le même problème : les concurrents me dépassent dans les montées à pied parce que je n’arrive pas à pousser mon vélo assez vite ou que je dois m’arrêter trop souvent pour reprendre mon souffle...Je récupère (parfois) une partie dans les descentes : cela dépend de la longueur et de la difficulté de la pente. Il se fait que la dernière partie de ce parcours commence par une très longue descente, un peu dangereuse. Au début de la descente, je dépasse Simona que je ne reverrai plus que…. un quart d’heure après mon arrivée ! Terrible satisfaction, tout de même. D’autant plus que, après cette descente, je rattrape une jeune fille qui s’accroche avec insistance dans la remontée. Mais je ne faiblis pas et refuse de la laisser me dépasser…. jusqu’au sprint final que je gagne avec 3 secondes. Autre satisfaction.

thcampina 05Je reçois la médaille habituelle de « finisher » mais j’ai une dernière surprise agréable : les jeunes volontaires qui remettent les médailles ont l’air fort étonné de me voir là et commencent à m’interroger sur mon âge…. 40 ? 50 ? 60 ? 70 ????? Non, ce n’est pas vrai ! Je suis obligé d’appeler Lucia pour confirmer cette triste vérité : j’ai bien l’air de n’avoir que…… mais malheureusement, j’ai bien réellement 71 ans ! « Vous savez », me disent-ils, « à 70 ans, ici, tout le monde marche avec une canne ! »

Comme récompense pour cet « exploit », ils me demandèrent de faire un selfie avec eux. Ce que je leur accordai de bonne grâce.

Quelques données techniques. Contrairement à ce que j’aurais pu penser, cette course a été la plus lente , donc la plus mauvaise de toutes celles auxquelles j’ai participé cette année (6,73 km/h) . Et pourtant il y en a eu de bien plus longues et plus dures, selon moi, dans lesquelles je ne suis jamais descendu en-dessous de 9 km/h. Donc, Câmpina n’était pas un cadeau, loin de là.

Haiduci si Domnite – Moara Vlasiei 30 km le 25 septembre

 

Il fait mauvais le 25 septembre, tout comme il l’a fait toute la semaine. Les organisateurs annoncent toutefois un parcours « presque sec » mais je les connais : ces gens-là adorent la pluie et la boue ! Je décide donc de garder mes pneus « boue ». Comme je n’ai plus de voiture depuis le 7 septembre, j’ai fait appel à un « rider » de Sinaia, sachant qu’il doit passer obligatoirement par Cornu. Dragos a accepté très aimablement et nous voilà donc partis vers la forêt de Caldarusanu, au bord du lac du même nom, un peu au Nord de Bucarest et pas très loin de Sitaru où avait eu lieu la course du 26 juin, au bord du même lac.thmoara 07

Mais aujourd’hui, la température est très fraiche (5-7°) , il bruine et on ne verra pas le soleil. L’équipement d’été a été remplacé par celui d’hiver : un blouson épais à longues manches et les longs collants en-dessous du short. Je sais qu’une fois parti, je ne ressentirai pas du tout le froid et ce n’est pas cela qui me tracasse, mais plutôt la boue du circuit. En faisant un petit tour de reconnaissance, je constate ce que je craignais : le terrain est glissant et j’ai donc eu raison pour les pneus « boue ». Sur la ligne de départ, je retrouve mon ami Serghei. Je sais que, sur ce genre de parcours assez plat, il va me distancer facilement. C’est ce qui arrive car, à peine le départ donné, après la courte descente le long du lac et le virage à gauche en angle droit, j’ai l’ai déjà perdu de vue, mais mon objectif n’était pas de le suivre, heureusement, mais plutôt de me rapprocher le plus possible du temps de 2h15 qui est la limite pour obtenir la médaille d’argent. Au-delà de ce temps, ce sera le bronze…

thmoara 09Je reste bien concentré dans le passage boueux du début de parcours, où l’agglomération des coureurs ajoute à la difficulté d’éviter les zones glissantes. Malgré tout, je m’en sors bien et dans le parcours boisé je me sens à mon aise, comme d’habitude : j’aime bien zigzaguer entre les arbres. Moins facile dans les prairies humides aux herbes hautes où je manque un peu de puissance. Sans trop fatiguer, je me présente au km 20 dans un temps très honorable : 1h20. Je ne pense pas avoir de problèmes pour atteindre mon objectif : les 10 derniers km se déroulent dans le bois, puis un long plat le long de l’autoroute… aucune difficulté particulière, sauf… la boue ! Au km 25, je suis bloqué derrière un groupe de coureurs qui ont mis pied à terre à cause du chemin complètement inondé. Je suis la file de gauche en poussant mon vélo dans une boue de plus en plus collante et marécageuse. Les roues du vélo font leur travail : les dessins des pneus accumulent bien la boue mais ne la rejettent pas ! La boue est partout : devant, bloquée par la fourche, au milieu, bloquée dans le pédalier et derrière, dans les dents du dérailleur. Le vélo ne roule plus du tout et je n’ai plus qu’une solution : le nettoyer avec les mains (gantées) … C’est stupide car il y a de l’eau au milieu de la route mais il faut d’abord dégager la boue. Je suis au milieu de la flaque, essayant d'asperger le vélo qui, petit à petit, retrouve sa forme originale ! Je peux enfin l’enfourcher mais les vitesses sont bloquées, presque toutes. Je roule dans les flaques maintenant. Pourquoi ne l’ai-je pas fait au début ? Heureusement, il ne reste plus que quelques km et le vélo semble tenir. Dernière ligne droite, à la sortie du bois. Je dépasse un concurrent qui semble vouloir me tenir tête . Je donne un coup de rein pour l’empêcher, mais c’est inutile : lui aussi a des problèmes avec son dérailleur et doit abandonner le sprint. Je termine en force mais il est bien trop tard pour atteindre mon objectif car le chrono ne s’est pas arrêté, lui , pendant que je faisais mon « nettoyage » . Résultat : 2h22thmoara 12

Décevant donc. Sans cette « erreur » j’aurais pu terminer en 2h05 – 2h10. Dommage.

Mon ami Dragos arrivera juste derrière moi, à 2 minutes, mais Serghei, lui, est arrivé depuis longtemps : 2h04 !

Nous sommes arrivés beaucoup trop tard pour pouvoir profiter de l’eau mise à notre disposition pour le lavage des vélos : le camion était déjà vide et nous avons dû rentrer avec nos vélos boueux !

A Caldarusanu,

La boue nous a vaincu !

Les chiffres ? 2 h 22 pour les 30 km, soit une moyenne de 12,65 km/h. Une bonne moyenne malgré tout, la 4ème meilleure de la saison.

Prundu – Maratonul Dunarii 45 km le 30 octobre

 

Pour la dernière course de l’année, le Riders Club nous entraine sur les rives du Danube, à la frontière bulgare, dans ce petit village campagnard, pas loin du parc de Comana où j’avais fait un bon résultat. C’était au début du mois d’aout. Aujourd’hui, il fait plus froid mais avec un peu de soleil, ce qui sera parfait pour la parcours annoncé comme tout à fait sec et pour lequel j’ai changé mes pneus boue contre les mixtes.

thprundu 06C’est un parcours sans grande difficulté non plus, hormis la longueur inhabituelle. Il contient tout de même quelques côtes sévères, notamment la traversée du village de Puieni (km 7) puis aux abords du village de Pietrele (km 15) . Ensuite, une longue portion plate jusqu’au km 37 où il faudra encore grimper quelques côtes jusque l’arrivée.

Mon objectif est de faire un temps inférieur à 3h, ou mieux encore, descendre en-dessous de 2h45, qui est la limite pour obtenir la médaille d’argent. Ici, mes amis Serghei et Dragos sont absents.

Les 7 premiers km sont parcourus rapidement, en peloton. thprundu 03Mais dans la traversée de Puieni, celui-ci vole en éclat et je me retrouve très vite assez seul – ce qui est déjà une habitude pour moi.

Dans la descente de la seconde côte, vers le 16ème km, j’ai échappé de justesse à un accident qui aurait pu être grave : ma roue avant est sortie de ses gonds mais j’ai pu m’arrêter avant que le pire n’arrive. Le fait est que j’avais démonté la roue avant pour transporter le vélo en voiture et j’ai dû mal refermer les « clips » en la remontant. Ouf, je l’ai échappé belle ! J’ai perdu un peu de temps pour tout remettre en place, mais pas trop tout de même. La suite est plus calme, sauf qu’un peu avant le ravitaillement du km 22, mon dérailleur recommence à faire des siennes. Je l’avais pourtant fait régler à Décathlon quelques jours avant la course ! Certaines vitesses ne passent plus et c’est assez gênant lorsqu’il faut changer. J’essaie de jeter un coup d’œil lors de l’arrêt du ravitaillement, mais je ne vois pas ce qui cloche. Tant pis, je vais me débrouiller ainsi. Au second ravitaillement, au km 35, la chaine n’a pas sauté mais je crains un peu pour les dernières bosses où il faudra bien changer de vitesse. Plus que 5 km, 4, 3, 2, dernier km, voilà la dernière côte, à 300 m de l’arrivée. C’est là que le dérailleur se rappelle à mon souvenir et fait sauter la chaine. Obligé de mettre pied à terre. Un bénévole accourt à mon aide. Énervé, car j’ai vu que j’étais toujours en-dessous de 2h45, je remets la chaine et il m’aide à remonter en selle. Peu à peu, je retrouve mon énergie pour terminer comme il se doit : je sprinte et consulte mon chrono : 2h42. Pari réussi !

thprundu 04J’ai donc terminé ma saison sur un excellent résultat : 2h42 pour les 45 km, soit une moyenne de 16,65 km/h : la seconde meilleure de l’année !

Bien entendu, il faut relativiser car les moyennes obtenues ne sont pas très comparables entre elles. Chaque course est spéciale et possède ses propres difficultés qui peuvent être : la longueur et le pourcentage des côtes, l’état du terrain, les pièges de toutes sortes comme les racines d'arbres, les trous ou les bosses, les cailloux, les rivières parfois assez profondes, etc.., mais aussi l’état de forme du coureur et son niveau de préparation.

En bref, je n’attache pas trop d’importance à tout ceci, c’est juste pour donner quelques repères, quelques idées sur le MTB en Roumanie.

Tout au long de l'année, j'avais commencé à raconter certains épisodes de courses dans des messages à quelques amis. Après la dernière course du 30 octobre, je songeai, logiquement, à faire un récapitulatif global d'où est sorti ce site.

Ce qui est sûr, c’est que je suis déjà partant pour l’année prochaine et j’attends avec impatience le nouveau calendrier du Riders Club. J’attends aussi de pouvoir commander mon nouveau vélo et commencer mon entrainement de printemps, puis vous raconter tout cela dès que je pourrai.

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