Le vélo autrement

Courses de l'été 2017

Top...oloveni, une course de top (17 juin)

th05 topoLes courses se suivent et .. ne se ressemblent pas ! Le matin même de la course, je ne savais pas encore si j'allais participer ou non. La météo était très pessimiste : elle annonçait un week-end de pluies extrêmes, des orages violents, de la grêle, et bien entendu, un code rouge de danger d'inondations, sur toute la Roumanie, et à partir de samedi matin. Pas trop décidé à partir, j'ai finalement pris la route, sans trop me presser, tant et si bien que j'ai failli rater le départ. Tous les coureurs étaient déjà alignés derrière la ligne de start et je n'ai plus eu comme alternative que de me placer à peu près en queue de peloton. th08 topo

Dans ces conditions, pas étonnant que ce départ précipité n'ai pas du tout été en ma faveur et la première conséquence fut que j'ai oublié de régler l'objectif de la caméra. J'ai donc obtenu un film tourné à 90° de l'horizontale. Résultat: pas de vidéo de la course de Topoloveni.

Le second effet fut que j'allais devoir supporter tous les "bouchons" de coureurs à chaque rétrécissement de la route ou passage difficile. Un temps précieux perdu stupidement. Mais heureusement, la suite allait être beaucoup moins désagréable. La surprise d'abord de voir percer le soleil derrière les nuages. Avec un rayon de soleil, je me sens immédiatement tout autre et je pus donc me concentrer mieux sur la course. Hormis les "bouchons" des premiers kilomètres, il n'y avait aucun passage boueux et la route me paru bien plus facile que l'année dernière.

Le chronomètre me donnait lui aussi de bonnes nouvelles. Environ 13,5 km parcourus pendant la première heure de course. Je connais ma moyenne de l'année dernière : 9,6 km/h. Cette première heure est donc un très bon début. Il faut maintenant essayer de maintenir ce rythme.  On n'a encore dépassé qu'une seule difficulté : la longue côte du 9ème km où je dus pousser pendant 4 minutes. th01 topo

Premier ravitaillement avec un petit arrêt de moins de 2 minutes avant d'attaquer la première descente qui me permettra d'atteindre le 15ème km en un peu plus d'1h07. Là, nous avons une seconde côte où je mets à nouveau pied à terre et pousse mon "Psycho Path" pendant 6 minutes, afin de pouvoir doubler le km 16, reprendre le slalom entre les arbres puis dévaler la piste caillouteuse jusqu'au km 21 où je m'arrête 2 minutes pour souffler un peu et me désaltérer. Le tracé pénètre de nouveau dans la forêt, une longue côte suivie d'un plat entre les arbres. Six minutes pour ce 22ème km, ce qui nous fait perdre un peu de notre moyenne (1h44 pour 22km = 12,7 km/h), mais les 6 prochains km sont en descente. Jusqu'au 24ème, c'est toujours le sentier forestier puis on sort du bois et on rejoint la piste (très) caillouteuse, mais tout de même assez roulante, puisque je dévale jusqu'au centre de ravitaillement du km 28 où je m'arrête en 2h et 20 secondes. Ma moyenne est donc à présent d'environ 14 km/h mais je sais qu'il reste encore 2 difficultés importantes. th06 topo

Après 2 minutes d'arrêt, je repars avec le vélo en main puisque nous avons en face de nous le sentier forestier qui va nous faire grimper 63m plus haut, en moins d'un km, ce qui va me couter presque 10 minutes de mon précieux temps. On continue sur un plat forestier et le km 29 est passé en 2h15, le km 30 en presque 2h20 et le km 31 en 2h23. Le km suivant est encore un peu difficile mais une fois dépassé, nous sortons une nouvelle fois de la forêt et reprenons la piste caillouteuse en descente rapide jusqu'au km 34 (2h34). Il me reste à passer "l'épouvantail", cette butte horrible du 35ème km où j'avais failli abandonner l'année dernière. Une élévation de 60m en moins de 300m ! Même le push-bike ne m'aide pas beaucoup à cause des chaussures qui glissent et m'empêchent de monter normalement. Malgré tout, je me sens encore très bien et je passe ce cap en 11 minutes environ ce qui m'amène au dernier ravitaillement avant le km 36 en 2h47. Arrêt de 2 minutes et en avant pour la dernière étape.

th09 topoLe reste du tracé est uniquement descendant et assez rapide. Je passe le km 37 en 2h55 et le km 38 en 2h58. Le passage de la rivière est réussi cette fois (pas l'année dernière) et il y a à peine 3h que je suis parti. Je franchis la ligne des 40 km en 3h02'42". Moyenne : 13,11 km/h. Mon objectif de descendre en-dessous des 4h est donc largement dépassé mais il ne faut pas y voir une simple amélioration de ma gestion de course. L'état du terrain est un élément très important et qui a joué un grand rôle dans ce résultat. C'est aussi la raison pour laquelle je me suis senti si bien tout au long du parcours alors que l'année dernière j'avais souffert le martyre, et aussi pourquoi j'avais une certaine crainte de venir ici.

Il y a encore un dernier élément que je dois signaler. J'ai commencé à prendre des cours de MTB et j'essaie d'appliquer les quelques principes déjà appris. Difficile de quantifier les gains accumulés grâce à ce nouveau facteur mais il est certain qu'il va prendre de plus en plus d'importance. J'en parlerai plus en détail dans un nouveau chapitre à part : "Cours MTB".

En conclusion, mon appréciation de l'année dernière est complètement revue et corrigée: Topoloveni n'est plus du tout ma bête noire, mais au contraire, une course que je referai avec plaisir, une course de... top.    

Paulesti, "Livada cu Cirese"amputée.(1 juillet)

Si nous avions eu de la chance à Topoloveni pour éviter de justesse les trombes d'eau, par contre nous en avons eu beaucoup moins à Paulesti avec ... la canicule qui nous est tombée dessus, justement ce samedi-là. Les Roumains étaient très effrayés par le "code rouge" émis par les autorités météorologiques. Les organisateurs de la course ont donc commencé par avancer l'heure de départ à 10h, au lieu de 11. Ils ont dû réfléchir ensuite que, pour beaucoup d'entre nous, le cap des 3-4 heures de course allait sans doute être atteint, ce qui nous exposerait au soleil de toute façon, en pleine heure de fournaise. D'où cette décision d'amputer de moitié chacune des 4 courses prévues. La nôtre se résumerait donc à un seul tour de 17 km. Finalement, ce choix s'est avéré exagéré puisque la canicule réelle fut très en-dessous de celle annoncée. Pas étonnant donc, que dans ces conditions, je restai quelque peu déçu de la course, du point de vue de sa longueur.

Mais de plus, tout avait mal commencé à mon arrivée sur place : je constate que j'ai oublié à la maison mon petit sac à dos où se trouvent notamment mon portefeuille, mon téléphone, mais surtout, tout l'équipement de dépannage, clés, pompe, chambre à air.... et la caméra ! Donc, pas de vidéo cette fois-ci non plus. On se contentera des photos. th01 paulesti

Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu de panne ou d'incident technique lors d'une course, excepté un problème de dérailleur lors du marathon du Danube l'année dernière. Je compterai donc sur la chance car je n'ai guère le choix : trop tard pour retourner à la maison, même si Paulesti se trouve à seulement 25 km de Cornu. Il y avait une telle circulation sur la DN1 qu'on a eu du mal , aussi bien à la prendre qu'à la quitter. En cause, l'exode du samedi des Bucarestois vers la montagne. 

th04 paulestiSur la ligne de départ, je trouve deux compagnons de ma catégorie : Dragos et Laurentiu. Je ne pense pas que je puisse rivaliser avec eux. L'année dernière, ils ont accompli le premier tour en un peu plus d'une heure. Moi, en 1h35. Néanmoins, dans la première côte du km2 qui nous oblige à déjà faire du "push-bike", je suis côte à côte avec Dragos. Laurentiu est derrière nous. Je dois dire que c'est tout à fait le hasard parce que je n'ai jamais essayé de les suivre. Je ne savais d'ailleurs pas qu'il s'agissait d'eux et c'est pourquoi j'ai toujours cru qu'ils étaient tous deux devant moi.

La course se déroule très bien pour moi. Je me sens bien, en forme, et gonflé à bloc, sachant que toutes les difficultés ne seraient affrontées qu'une seule fois. Les photos le prouvent. C'est donc avec le sourire que je franchis la ligne en 1h13.

Je suis certain que j'aurais pu faire les 2 tours en 2h30, au lieu des 3h28 de l'année dernière. Encore une preuve que mon amélioration est très nette. Les causes? Le vélo bien sûr, qui me fait gagner du temps lors des nombreux "push-bike" mais aussi certainement dans les côtes qui me paraissent bien moins dures qu'en 2016 (exemple la dernière de Topoloveni). Il faut aussi prendre en compte math02 paulesti nouvelle position sur le vélo et les conseils de Marc Sandu que j'applique le mieux possible.

th03 paulestiA mon arrivée, je suis surpris de voir la femme de Dragos qui attend son mari. Je n'en reviens pas : ni Dragos ni Laurentiu ne sont arrivés. Dommage que cette lutte fraternelle n'ait pas pu aller jusqu'au bout des 34 km. 

Le reste n'a plus beaucoup d'importance. Après leur arrivée, nous voulons vérifier notre position respective dans notre catégorie : Laurentiu est 6ème, Dragos, 5ème et moi, 4ème. Pas de podium, bien sûr, mais n'oublions pas que nous concourrons avec des gars de 50 ans ! C'est d'ailleurs pour nous l'occasion de rappeler à Adrian Nitu, l'organisateur, qu'il est anormal que la catégorie  "+60" n'ait toujours pas été créée. Espérons qu'il transmettra le message.    

Câmpulung, "Lupii Daciilor", une bonne cuvée (16 juillet)

L'ultime preuve que j'attendais. Si jusqu'à présent, on pouvait difficilement comparer les courses de l'année dernière avec celles de 2017, pour toutes sortes de raisons, cette fois, à Câmpulung, les circonstances de courses et le parcours furent très semblables. On s'attendait un peu à la boue, vu les nombreux orages de la semaine, y compris ceux de la veille et même du dimanche matin. A 8h, j'étais pratiquement décidé de ne pas participer... si la pluie continuait jusqu'au départ de 11h. Mais ce ne fut pas le cas et je pris donc le départ, sans avoir trop le moral car le ciel était encore bien chargé et menaçant. En fin de compte, on n'a pas eu une seule goutte de pluie et même un peu de soleil, l'après-midi. Le parcours était presque inchangé. Juste une petite déviation au début de la longue descente du km 11. Par contre, toutes les difficultés s'y trouvaient bien : la longue montée jusqu'au km 10,5; la descente caillouteuse, voire dangereuse, obligeant de nombreux coureurs à descendre de vélo; le  sentier étroit entre les rochers et le ravin; le talus le long de la ligne de chemin de fer; le passage de la rivière; un passage très boueux et bien sûr, les "montagnes russes" des derniers km. Je suis par ailleurs toujours sceptique sur la distance exacte de ce concours car, comme l'année dernière, mon chrono s'est arrêté à 30,5 km et non pas 29 comme annoncé. Peu importe. L'important, c'est bien sûr le temps écoulé entre le départ et l'arrivée: 2h41 cette année, contre 3h26 l'année dernière. On ne peut plus dire qu'il s'agit d'un hasard. Les trois quart d'heures gagnés sont bien réels et cette fois, je peux dire que c'est le résultat combiné des entrainements, du nouveau vélo et surtout de la mise en pratique des nombreux conseils reçus de mon moniteur, Marc Sandu. C'est à lui que je dois une bonne partie des gains obtenus. Je me sens de mieux en mieux sur mon "PsychoPath", plus sûr de moi et à l'aise dans plusieurs situations que je craignais auparavant. Grâce à cela, je quitte tout doucement la zone de queue de peloton. Je pourrais par ailleurs regretter d'avoir raté pour la seconde fois (comme à Topoloveni) la médaille d'argent, juste pour quelques secondes. Sans les 2 sauts de chaine et l'arrêt volontaire pour régler le chrono, j'entrais largement dans la catégorie des "argentés". Mais ne soyons pas trop pressés : l'avenir s'annonce bien tout de même.

J'ai pu, cette fois, filmer complètement les 2h41 de mon parcours. Je ne vais pas vous présenter cette vidéo, ce serait fort ennuyeux pour vous. Par contre, je vous ai préparé un "pot-pourri" des meilleurs moments (faciles, difficiles, amusants...) de la course. La vidéo, ici :

    https://youtu.be/n0YmcHIAA68

C'est ainsi que, après la cohue du départ des 266 participants, ( 00' ) le peloton s'étire rapidement dans les 3 premiers km rapides. Moi, je me retrouve quasiment en queue de peloton, ayant dû m'arrêter pour régler le chrono qui n'avait pas démarré avec nous. Après le passage du pont de chemin de fer, commence la véritable montée : 6km de côte, plus ou moins difficile. Je devrai mettre pied à terre 5 fois au cours de cet exercice, pour un total de 20 minutes à pousser le vélo.

Ici, le premier push-bike ( 0' 31" ) (km 5).

Après 1h 05 de course, j'atteins le sommet de l'épreuve (1042 m) et le premier ravitaillement : ( 1'01" ).

La première descente est longue et pas du tout facile. Seul le début de la descente est assez rapide ( 1' 30" ) dans le chemin bien sec. Mais survient le premier piège, à la sortie du bois : un fossé invisible et qui n'était pas là l'année dernière. Ce sera ma première (et dernière) chute de cette épreuve: (2'01"). th02 campu

La descente continue dans le chemin pierreux, qui devient de plus en plus pierreux et de plus en plus pentu, ce qui incite à la prudence :  on met pied à terre ( 2'29") . Juste avant, j'avais dû descendre aussi pour remettre la chaine qui n'avait pas tenu le coup dans les cailloux. 

A présent, nous sommes dans la vallée et les chemins redeviennent plus abordables. Malgré tout, l'étroit sentier entre les rochers et le ravin a bien dû en effrayer quelques-uns. J'avoue que je me suis senti à l'aise dans cette partie et que je n'ai eu aucune hésitation à aucun moment. ( 2'59").

Voici d'ailleurs une des rares routes asphaltées que nous aurons le plaisir de fouler : on peut y aller à fond mais malheureusement, ce plaisir ne dure pas très longtemps ( 3'30" ).

Il n'y a pas de course MTB sans son lot de boue. Je passerai encore ce piège très facilement ( 4'00" ).

La prairie et son sentier bosselé permet de gagner encore un peu de vitesse mais attention tout de même au gros tuyau placé en travers du chemin et qui fera mettre pied à terre aux moins valeureux. Ce ne sera donc pas mon cas (4'30").

Nous voici arrivés au niveau le plus bas du parcours. La rivière est toute proche et va nous rafraichir les fesses quelque peu ( 5'00" ).

Mais le plaisir ne dure pas longtemps car il va falloir remonter jusqu'au dernier sommet de la course, situé à 725m d'altitude. Cela signifie 146m plus haut que la rivière, avec bien entendu, un peu de push-bike au menu ( 5'27" ).

th03 campuEt voilà déjà le boulevard d'arrivée avec le speaker qui n'oublie pas de citer mon origine "... voici l'arrivée du belge qui aime le MTB en Roumanie" ( 5'59" ). Il n'avait pas vu ma mésaventure, 300m plus loin, avec la chaine sautée et mon impuissance à pouvoir encore pédaler ! Je termine ainsi à la 201ème place sur les 266 participants et prend la 5ème place dans ma catégorie (+ 50 ans), ce qui me satisfait pleinement. Je suis déjà amoureux de Câmpulung et, si tout va bien, j'y reviendrai l'année prochaine.       

 

Ziua B - Cernica sous canicule (6 aout)

Après un mois de juillet pourri d'orages et de pluies, on attendait la chaleur de l'été. On l'a eue, dès le début du mois d'aout et elle semble vouloir nous punir d'avoir douté d'elle : il s'agit d'une canicule qui ne touche d'ailleurs pas seulement la Roumanie mais aussi une bonne partie de l'Europe de l'Est et de l'Ouest. C'est donc sous une chaleur de plus de 40° que s'est déroulée cette 5ème épreuve du Challenge. Et c'est aussi pourquoi des 1500 coureurs inscrits (un record !), seuls 698 furent présents sur la ligne de départ dont 503 pour la course "standard" de 37 km. Je précise tout de suite que la chaleur m'a rarement dérangé et cette fois-ci, pas plus que d'habitude, excepté le manque de boisson, dû à une rupture de l'attache de bidon qui me laissa sans possibilité de m'hydrater pendant une partie du parcours, surtout les derniers km. Sur la ligne de départ, je retrouve mon ami Serghei -que je n'ai pas encore vu beaucoup cette année- mais qui semble bien en forme et prêt à se rattraper de son absence.

Le départ est rapide dans l'enceinte du grand parc Phoenix et encore plus lorsque nous rejoignons la grand route vers le monastère Cernica qui a fait la célébrité de l'endroit. A l'entrée dans le bois (4 km, atteints en moins de 9 minutes), nous virons quasiment en même temps. Commence alors la longue traversée de la forêt de Cernica qui va durer 22 km... et presque 1h30 pour moi.

Le premier km est insupportable tant la poussière soulevée par les centaines de coureurs est pénible pour la respiration et pour les yeux. Aussi bien Serghei que moi avons des problèmes de ce côté. J'ai cherché bien des formules pour me protéger les yeux efficacement mais aucune ne fonctionne parfaitement. L'idéal est donc : sans lunettes, et tant pis pour la vision affaiblie! La poussière se dissipe et nous pouvons enfin profiter du beau tracé, à condition de faire attention aux blocages provoqués par les groupes de coureurs dans les endroits plus difficiles: le premier après seulement 13 minutes de course (5,5 km); le second après 16 minutes (6 km); puis après 20 minutes (6,7 km); après 24 minutes (7,5 km); et surtout après 30 minutes (8,7 km) au passage d'un grand fossé où je me retrouve juste derrière Serghei. Tous ces blocages ont une seule cause : le "single trail" (sentier étroit et tortueux) au bord du lac qui oblige certains à beaucoup (trop) de prudence en descendant de leur vélo...

.A 31'25", (km 9), je dépasse Serghei qui a un problème avec ses lunettes. Je ne le verrai plus car, à partir d'ici, je vais -sans le savoir- le distancer régulièrement pour finir à plus de 26 minutes devant lui. Je pense qu'il n'a pas supporté la chaleur, comme beaucoup d'autres.

Il y aura encore un gros ralentissement au passage d'une butte où j'ai dû m'accrocher à un arbre pour ne pas retomber en arrière (38'50 - 11,3 km), mais à ce moment, les positions sont presque acquises, il n'y a plus de "peloton" et je vais me retrouver assez seul sur le reste du parcours.

Au km 15 (50'45) , on retrouve un single trail le long du lac mais cette fois, je suis seul et personne pour me bloquer... sauf à la sortie, où il y a une autre butte à escalader (57'50 - 16,7 km). C'est là que je boucle ma première heure de course avec 16,9 km accomplis.

Un peu plus loin, je m'arrête au premier ravitaillement, qui selon les organisateurs, se trouvait au km 15; en réalité, nous sommes au km 17,6 ! Sans aucun autre fait à signaler, je me retrouve au second ravitaillement, qui lui, se trouve bien au km 25, comme annoncé (1h 31' 30"). Un km plus loin, nous sortons de la forêt de Cernica (km 26,1).

Le sentier le long de l'autoroute est plombé par le soleil et.. la fatigue commence à se faire sentir. Après 1,5 km, c'est un autre sentier, le long du lac cette fois, jusqu'au km 29,1 (1h 48') au bout duquel nous empruntons un bout d'une rue de Cernica jusqu'au km 30,5. Là, on nous renvoie dans un bosquet où j'accomplirai ma deuxième heure de course (32,5 km) et retrouverai un peu de fraicheur. Au sommet d'une petite côte, j'ai encore assez de force pour projeter mon vélo par-dessus le tronc d'arbre posé en travers du chemin. Il ne reste que 2 km mais je suis déshydraté et je n'ai pas d'autre choix que de solliciter un groupe de personnes se préparant pour un barbecue, en leur demandant un peu d'eau, ce qu'il firent de bon gré (km 35 - 2h 10'). Descente vers la passerelle, passage étroit et un peu dangereux; escalade de la dernière butte et le sentier final, toujours en plein soleil mais je sens le bout du tunnel et quelques minutes plus tard, j'entre enfin dans le parc, le grand, celui de l'arrivée... avec les appels au micro, les numéros de ceux qui franchissent la ligne. Ce sera mon tour : le 1105, "notre ami belge", en 2h 18' 47". En fin de compte, si ce fut une très bonne course pour moi (vu le résultat: médaille d'or pour la première fois), c'est un parcours trop monotone et donc, pas à mon gout. J'attends les montagnes avec confiance. Si vous n'aimez pas les chiffres, vous pouvez visionner le film intégral de cette course  ici :

https://youtu.be/JmA65zGa3C0

 

MTB Bucovina - record de "push-bike" (19 aout)

C'est la première fois que j'analyse une de mes courses de ce point de vue : le "push-bike" (en français : pousse-vélo). J'avais oublié le final de ce parcours, mais d'autant plus que celui-ci a été modifié afin de permettre l'arrivée directement au pied de la montagne, et non plus en pleine ville, noire de touristes en cette période de vacances. Je dois dire que cette modification est vraiment très positive. J'avais moi-même protesté à ce sujet, l'année dernière, dans le feedback de la course. Mais cette modification a également apporté son revers de la médaille : l'allongement des côtes finales. Cela ne représente sans doute que 1 ou 2 km en plus mais quand on sait que, par exemple, le 28ème km a été effectué en plus de 9 minutes et le 29ème, en presque 13 minutes, on mesure mieux la gravité du problème (de MON problème).

Étant donc étonné par le nombre d'arrêts que j'avais dû faire sur cette fin de course, j'ai voulu vérifier leur nombre : exactement 20, dont 17 après le km 20, à 13 km de l'arrivée ! C'est pourquoi le marathon de Bucovine deviendra ma course-étalon pour le futur sous l'aspect "push-bike". Mais c'est aussi pour cette raison que j'ai modifié le film de ma course en coupant toutes les séquences de push-bike. Je ne voulais pas vous imposer cette pénitence de monter à pied avec moi parce qu'il y en a pour 72 minutes ! La vidéo se rapporte donc exclusivement au km roulés, soit 2h16 (au lieu de 3h28, temps officiel).    

th01 bucovTout se présentait bien avant la course : le logement était parfait. La Casa Nobilis est mieux que la Casa Maria. Je pense que je suis en forme optimale, au vu de mes derniers résultats. Je peux donc me permettre une petite visite des 2 monastères, dont l'un se trouvera pratiquement sur notre chemin montant vers la montagne. S'il fait encore très chaud -on parle toujours de canicule- ici, le vent assez fort diminue la sensation de chaleur. En tous cas, pour moi, cela ne me préoccupe pas du tout -comme vous le savez déjà. C'est donc en toute décontraction et confiance que je m'aligne au départ de ce marathon de 33,3 km (au lieu des 35 de l'année dernière). th02 bucov

Le départ est rapide, tout comme les premiers km, avec la traversée de la ville, jusqu'au monastère Humor où nous quittons le bon asphalte pour emprunter le chemin pierreux et parfaitement sec vers le premier sommet. Moins d'un quart d'heure pour ces 6,6 km. Une moyenne qui va tomber très rapidement, au fur et à mesure que nous montons: 16'37 au km 7, 20'57 au km 8, 25'33 au km 9 et 32'45 au km 10, soit une moyenne totale de 18,32/km/h. On approche du sommet et cela se fait sentir : 41'17 au km 11, mais surtout le premier push-bike entre le km 11 et le km 12. Là, je devrai pousser pendant 4 min 20, après quoi, le sommet est atteint mais on reste sur la crête jusqu'au km 13 (58'05). La première heure de course me porte ainsi au km 13,5 et nous sommes dans la descente, très mauvaise. Le chemin de terre a été abimé par les pluies et il faut être très prudent pour ne pas tomber. Néanmoins, je passe la rivière (15,8 km) en 1h10 et je remonte ensuite sur la route asphaltée du village qui me permet de rouler rapidement vers le second sommet de la journée.

th03 bucovLa pente s'accentue très fort à partir du km 18 (1h19) et va m'obliger à mettre pied à terre une seconde fois (km 18,3) pendant presque 7 minutes et suivi, peu après (km 18,8) d'encore 6 min 30 de push-bike. On passe le ravitaillement (km 19,5 en 1h37) en prenant quelques forces dont on aura bien besoin avant d'attaquer le plat de résistance. D'après mon calcul (mental) sur les perspectives finales, ayant couvert environ 60% du parcours à une moyenne de 12 km/h, je devrais pouvoir faire le reste (moins de 14 km) en 1h10 - 1h20 soit un total de moins de 3h. Cela me convient parfaitement et me donne du courage. Mais c'était sans savoir que 17 push-bike m'attendaient encore, représentant plus de 50 minutes de marche ! Mon optimisme va durer jusqu'au km 23 (2h13'25") puis va être remis en question au km 25 (2h25) et complètement ébranlé au km 27 (2h40). Je suis épuisé par toutes ses poussées et je n'ai plus envie de lutter. Mes arrêts pour reprendre mon souffle sont de plus en plus nombreux. Je n'ai plus rien à boire. Des crampes commencent à apparaitre dans la jambe gauche. J'atteins enfin le sommet (km 31) en 3h18. La descente ne changera plus grand chose : je franchis la ligne en 3h28'33".th04 bucov

Anecdotes   

J'avais relaté l'année dernière, la polémique qui avait éclaté à la remise des prix, suite à l'attribution d'un lot à Marius Gartner. Il s'agissait du prix du "concurrent le plus expérimenté". Comprenez : "le plus vieux concurrent". On se connaissait bien, Marius et moi et il savait pertinemment que j'avais 10 ans de plus que lui. Il s'était moqué de moi pour avoir reçu le lot à ma place et je ne lui avais jamais pardonné. Néanmoins, on faisait semblant de rien et on se saluait poliment, sans plus. Je pense toutefois avoir bien pris ma revanche, 2 fois plutôt qu'une. Tout d'abord, je pense qu'il n'a pas trop apprécié le fait que je sois resté devant lui un long moment pendant la course : 1h45, jusqu'au km 20. Là, sa force physique et son entrainement de sauveteur de montagne a prévalu et il a commencé à me distancer. Mais je suis assez content de moi pour l'avoir piqué au vif. L'année dernière, il m'avait devancé de plus d'une heure.

th06 bucovEt pour finir, cerise sur le gâteau, les organisateurs ont remis en jeu le prix du "concurrent le plus expérimenté". J'ai donc pu monter sur le podium et recevoir enfin ce prix. Gartner ne s'est pas montré et, bien entendu, ne m'a pas félicité. Belle revanche et conclusion finale : je crois que je reviendrai à Gura Humorului.

Film de la course :

https://youtu.be/3ZVH_QQyMaY

 

Maratonul Olteniei - le plus dur ? (26 aout)

C'est ce qui était annoncé par certains coureurs : le MTB Olteniei serait le plus dur de Roumanie. Mon avis est plutôt mitigé. Ce ne fut pas facile, loin de là, mais je pense toutefois que la course de Cozia (Calimanesti le 20 mai - résumé ici : Cozia ) m'a fait souffrir beaucoup plus, sur une distance égale. th06 olten

Venons en donc à ce marathon. Temps idéal pour moi, mais toujours un peu trop chaud (plus de 30°) pour les Roumains. J'avais bien étudié le parcours grâce à une vidéo placée par un concurrent l'année dernière et qui avait réalisé un peu plus de 3h. J'avais donc pu apprécier sa force physique, bien au-dessus de la mienne et je ne pouvais raisonnablement pas m'attendre à un temps inférieur à 3h30.

th05 oltenC'est ce que j'espérais secrètement, tout en me disant que moins de 4h serait un temps très honorable. Je n'ai donc pas réussi cet objectif : 4h04 est un peu au-dessus. Je peux toujours argumenter que j'ai quelques circonstances atténuantes : conversations prolongées avec des ambulanciers, arrêts trop longs dans les ravitaillements, perte du bidon plastique avec récupération difficile, et surtout, la chute (ou plutôt glissade) du km 22. Le fait est que, comme au marathon de Bucovine la semaine dernière, j'ai craqué dans la dernière montée du km 25 et n'avais plus envie de lutter. J'étais effrayé par la distance qui restait encore  (6,5 km), pourtant exclusivement en descente. Dommage car tout avait bien été jusque là, à part la chute-glissade evoquée ci-dessus.

Coupables ce sont mes chaussures, très vieilles et dont je ne veux pas me séparer mais qui ont un gros défaut : la semelle est plate et lisse et n'a donc aucune accroche sur des terrains glissants.  Il s'agissait d'une descente th03 oltenabrupte (35% - 46% !) rendue très glissante par les nombreux passages. Dès le premier virage, je suis parti en dérapage et j'ai mis un pied à terre pour me retenir mais le pied a glissé, le vélo a continué et est passé par-dessus moi et j'ai dû continuer en glissant sur le derrière, le vélo dans tous les sens. Le bidon plastique s'était fait la malle ... je devais absolument le récupérer, lui d'un côté, le vélo de l'autre... Une dizaine de minutes nous a pénalisé cette (courte) descente. Résultat : quelques bobos et du sang sur les 2 jambes et sur la main droite mais rien de bien grave car  je ne sentais rien ! 

th02 oltenJ'avais eu du mal à "rentrer dans la course" à cause d'une fatigue supplémentaire provoquée par le stress du voyage : presque 5 heures pour les 200 km ! Une circulation infernale, dès la sortie de l'autoroute à Pitesti en direction de Râmnicu Vâlcea. Nous sommes arrivés à l'hôtel plus tard que prévu et je n'avais pas pu faire un petit tour de reconnaissance, comme je fais d'habitude. Conclusion : une nuit plutôt agitée. 

C'est pourquoi le premier ravitaillement du km 6 fut atteint en un peu moins d'une heure... pas très brillant !

Le second se trouve au km 11, au début de la descente où je m'arrête après 1h35 de course. Je me sens beaucoup mieux et on peut profiter d'une belle descente... de presque 4 km mais pendant laquelle je perd encore le bidon en plastique qui ne tient pas fort dans son attache, surtout avec les secousses du chemin. Je ne peux pas rester sans boisson mais heureusement, le photographe qui avait observé la scène abandonne son appareil et remonte le chemin en courant pour récupérer le bidon.... vide mais le remplit ensuite avec sa propre bouteille. Merci Mr le photographe. Un geste rare ! 

En bas, nous sommes à peu près à mi-course : 14,5 km et 1h47. L'objectif de 3h30 devient déjà compliqué.... Malgré tout, j'attaque la seconde difficulté avec optimisme : environ 5 km de côtes. Km 15 en 1h53 et km 20 en 2h46 soit presque 1heure pour ces 5 km. Malgré tout mon courage, je commence à sortir de ma tête les 3h30. Le dernier ravitaillement est situé au sommet, vers le km 20,5 en 2h52. La descente est perturbée par la chute : km 22,5 en 3h07, puis de nouveau une côte ... km 23,5 en 3h18 et 24,5 en 3h22. Je suis au pied de la dernière difficulté où je ne peux plus espérer que terminer en moins de 4h ! Je suis au km 25 en 3h29 et au km 26 en 3h43. Il reste 5 km de descente mais je n'y crois plus, d'autant que cette descente est encore pimentée de buttes à escalader et de fossés profonds à se laisser glisser sur le derrière... Je sors du bois en 4h et il reste 1,7 km d'asphalte dans les rues de la ville... Je franchis le ligne en 4h04'39"... Belle course que j'espère pouvoir refaire dans de meilleures conditions. th04 olten

Suite probablement aux nombreux chocs reçus, la caméra s'est arrêtée après 3h37 de film. Il me manque donc 27 minutes de course. De plus, comme au marathon de Bucovine, j'ai éradiqué tous les "push-bike" de la course. Finalement, il ne reste plus que 1h50 de vidéo mais ce sont les meilleurs instants.th01 olten

J'ai aussi écrit que le marathon de Bucovine devenait mon étalon quant au nombre de "push-bike" réalisés mais ce record a été largement battu à Ramnicu Valcea : 30. Moyenne de 3min36 par poussée (72min/20) en Bucovine pour 4min12 (126min/30) en Oltenie...   Quelle perte de temps n'est-ce pas?   

vidéo de la course :

https://youtu.be/fx8OfSnzoS0

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