Le vélo autrement

Premières courses 2017

Urlati 2, une autre course

Le marathon du vin 2017 ne fut pas, pour moi, une véritable course. Après mon accident du 22 mars et vu l'état de mon épaule encore précaire, j'avais décidé de participer "hors course". Il était possible de parcourir un seul tour de 18,8 km, sans chronométrage et sans classement. J'avais fait très peu d'entrainements depuis le 22 mars : 5 en tout,  pour à peine 200 km. Heureusement, sans doute, l'achat de mon nouveau vélo m'avait poussé à m'entrainer un maximum pendant les mois d'hiver, janvier, février et mars: 19 sorties et plus de 700 km parcourus, ce qui n'était pas du tout le cas l'année dernière où j'avais commencé à m'entrainer au mois d'avril !

C'est ce qui m'a permis probablement de ne pas souffrir du tout pendant la course. Car la première question que je me posais était de savoir si je pouvais tenir un rythme suffisant pendant 1h30. La preuve en est que mon temps total est meilleur que celui de 2016, malgré l'ajout de 800m (les plus difficiles) au parcours de l'année dernière. th04 urlati

La seconde question concernait l'état de mon épaule. Je craignais énormément son affrontement avec le parcours très caillouteux de Urlati. Jusque là, tous mes entrainements avaient été sur route et, en général, je ressentais des douleurs après l'effort, très peu pendant. Je dois dire que cet élément n'a pas du tout compté car, dès le départ de la course, j'ai retrouvé toutes mes sensations et j'ai oublié complètement mon épaule, jusqu'après l'arrivée. Et les jours suivant la course, je n'ai pas constaté de dégradation de mon état : j'ai toujours les mêmes douleurs lors de certains mouvements avec le bras droit, ni plus ni moins... donc, tout va bien. La vidéo mise en ligne prouve bien ce que j'avance : même en fin de course, j'avais toujours la force de dépasser, autant dans les montées que dans les descentes.

Avant le départ, j'ai  eu l'occasion de retrouver deux amis, anciens partenaires ou rivaux de l'année dernière. Mihai, malheureusement, a des problèmes de crampes et ne prendra pas le départ, tandis que Serghei n'est pas très à l'aise sur ce genre de parcours et m'annonce qu'il n'est pas du tout certain d'être capable d'accomplir les 2 tours. Finalement, il a réussi son pari, ayant réussi son premier tour en environ 1h40, alors que j'étais arrivé 5 minutes plus tôt. Il m'a vu et m'a crié qu'il était "ok" pour le second tour. Comme je n'avais plus rien à faire, j'ai attendu son arrivée pour m'assurer qu'il avait bien tenu le coup jusqu'au bout. Bravo Serghei !

Ca bouchonne au départ des quelque 500 coureurs mais Serghei et moi on ne se presse pas trop : le parcours montant va rapidement  élaguer le peloton. Malgré tout, dans les premiers km de montée, nous sommes toujours assez nombreux ainsi qu'on peut le voir dans la seconde partie de la vidéo. Je ne dépasse plus grand monde, sauf ceux qui doivent déjà descendre de vélo pour continuer à pied.  Cette première montée est la plus longue et a même été rallongée de 800m, pour atteindre le sommet du parcours au lieu dit "Belvédère". Après cet effort, on peut se laisser aller dans la première longue descente, jusqu'au km 10 mais avec de petites remontées dans les vignes (3ème partie). La 4ème partie est aussi une succession de montagnes russes qui nous amène au ravitaillement du km 14. th06 urlatiLa dernière partie commence avec une longue montée d'environ 2 km après quoi on pourra se laisser aller jusque l'arrivée qui n'est plus qu'à 2 km. Dans le dernier km, on peut observer que 2 coureurs de l'élite me dépassent rapidement mais j'essaie tout de même de m'accrocher... C'était juste pour m'amuser, bien sûr. Je savais d'avance que je n'avais aucune chance contre ces "machines à rouler".

Si on observe bien cette dernière partie de la course, on constate que, mis à part les 4 coureurs de l'élite, plus personne ne m'a dépassé et qu'en revanche, j'ai devancé une douzaine de coureurs. Je ne m'en étais pas rendu compte moi-même sur le moment mais la vidéo est très pratique pour découvrir aussi bien ses défauts que ses bons côtés. Bien entendu, il faut tout de même nuancer ce fait : tous ces coureurs dépassés se préparaient à accomplir un second tour, tandis que moi, je lançais mes dernières forces pour finir mon unique tour. En conclusion : je suis assez satisfait de ma course et me sens prêt à attaquer des défis plus importants. Celui de la semaine prochaine à Calimanesti sera le véritable test.   

Vidéo de la course sur Youtube ici: https://youtu.be/l8d5Iuuy2Ks       

Cozia MTB, une course dantesque !

Je n'ai pas trouvé d'autre mot pour qualifier cette course. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : une moyenne de 5,22 km/h pour les 30,6 km, soit un temps total de 5h52 ! De ces presque 6 heures de  course, il faut déduire les 2h de pause (j'ai bien dit : pause, soit arrêt complet et... récupération du souffle !) mais aussi les autres 2 heures de "push-bike", c'est-à-dire, de "pousse-vélo".  Faites les comptes : il reste donc environ 2 heures de vélo ... Était-ce donc une mauvaise course? Absolument pas. Comme disent certains : c'est ça le MTB. Le premier de la course n'a d'ailleurs mis "que" 1h50 ! Lui, il a donc très peu marché, et ne s'est pas arrêté pour récupérer ou reprendre sa respiration. Marcher, il fut bien obligé, comme tout le monde car, comme vous pourrez le voir dans les vidéos, thcali7certains endroits étaient tout à fait inaccessibles à vélo, comme la butte après le ruisseau, les escaliers improvisés à remonter ou le torrent de boue à descendre dans une pente abrupte vers la station.

Mais venons-en à ma course proprement dite. Le départ est donné à 10h05 devant le bel hôtel central de Calimanesti. Nous sommes environ 300 pour le petit tour (30,6 km) et 100 pour le grand tour (52 km). De ces 400 coureurs, seuls 317 réussiront à rejoindre l'arrivée. C'est dire l'hécatombe que cette compétition a provoquée.

On connait le profil de la course :  2 sommets à atteindre et, entre les deux, non pas une descente vertigineuse, mais plutôt une alternance entre de courtes descentes et remontées. Le premier sommet culmine à 931m, le second à 870m. Après les deux km rapides de faux plats entre Calimanesti et Caciulata, sur la route nationale Sibiu-Pitesti, fermée pour l'occasion à la circulation, on vire à gauche vers le premier sommet. 8 km de montée. J'ai résisté 4 km sans mettre pied à terre. ( vidéo 1 : la montée : 5'15  https://youtu.be/wTD6BR7TfzI )

 Après, ce fut une succession de "push-bike" et de courtes tentatives de rester tout de même sur le vélo. La route est belle, ce qui fait que push-bike est tout de même facile. Environ 1h34 d'efforts  pour ces 10 premiers km. Ce n'est pas encore tout à fait le sommet : il reste 2 km pour atteindre le point culminant et le premier ravitaillement où je m'arrête 32 minutes plus tard. Courte descente et premier passage difficile de la course: un petit ruisseau suivi d'une butte énorme qu'il faut carrément escalader.  (vidéo 2 : la butte : 1'14 : https://youtu.be/08wrXzSMmio ) Quand je pense que j'ai acheté un vélo super-léger, pour pouvoir le porter à l'occasion: je n'ai rien porté du tout, parce que je ne pouvais pas, tout simplement. Pas plus que quelques hectomètres plus loin, avec la montée des escaliers installés par les organisateurs. (vidéo 3 : les escaliers : 2'28" : https://youtu.be/eW8HUKja07Y ) La vidéo de ces passages vaut le détour, croyez-moi. Nous sommes au km 13,5 et après un petit corridor entre les rochers, (vidéo 4 : les rochers : 0'28" : https://youtu.be/Kf9TyHlnCxw ) on va enfin pouvoir profiter d'une route pierreuse et de la plus belle descente de la course. Au bout de cette descente se trouve le second ravitaillement. (vidéo 5 : la descente : 4'41" : https://youtu.be/pUrq7UDF2BM ) Nous sommes au km 19,5 et au compteur, j'ai 2h49 de course, soit, à ce moment là, une moyenne de presque 7 km/h. On sait tous qu'il reste peu mais personne ne sait combien exactement. Discussion sur ce thème au milieu du chemin ... on n'est d'accord ni sur le nombre de km effectués, ni sur la longueur totale du circuit. Discussion amusante et inutile, (vidéo 6 : la discussion : 1'22" : https://youtu.be/vBn1ZJk86eo) surtout si nous avions su ce qui nous attendait : en fait, la plus dure portion de la course. Mais il restait moins de 10 km et j'étais donc optimiste quant à mon résultat final. Si on m'avait dit qu'il me faudrait presque 3h pour atteindre la ligne de "finish", je ne l'aurais pas cru. Dans mon esprit, je devais terminer en 4h30, environ. Que s'est-il donc passé? Dans un premier temps, il fallait atteindre le second sommet, remonter à 870m !  Moi, je n'ai plus rien dans les jambes et pourtant, il faut encore pousser le vélo, encore et encore, jusqu'au km 25. je n'ai plus aucune notion de temps, je n'ai plus qu'une seule idée : terminer cette course d'enfer. Mais une fois au sommet (que je n'ai d'ailleurs pas vu du tout), il reste les 4 derniers km abrupts, dangereux, remplis de boue dans laquelle le vélo s'enfonce et ne veut plus sortir. Je n'avais pas remarqué qu'il avait commencé à pleuvoir assez fort. Je glisse et je tombe plusieurs fois, à cause des pédales automatiques qui ne fonctionnent plus, et bloquent le pied. Je finis cette descente assis sur le cadre du vélo, avec les jambes en éventail. Je passe la ligne en 5h52, mais à ce moment-là, je n'en savaithcali10s encore rien. Je suis allé directement au lavage des bicyclettes où les 2 concurrents avec qui j'avais bavardé sur le parcours m'ont d'abord félicité puis m'ont donné mon temps. C'est alors que je suis redescendu sur terre. 5h52? C'est impossible! Mais non, c'est bien réel. Eux sont arrivés un peu plus tôt, en 5h30.... Je dois bien m'incliner: 10 km en presque 3h, c'est un record que je ne vais pas battre de si tôt :) thcali9

Bien entendu, tout est relatif et d'ailleurs, la remise des prix m'apportera d'autres surprises, agréables celles-là. Tout d'abord, je suis 3ème de ma catégorie (+60 ans) et je reçois le prix correspondant: bouteilles de vin et de vodka offertes par les sponsors, le diplôme, les médailles, et le souvenir "bateau Cozia". Mais ce n'est pas tout et ici, on peut même dire que c'était mon jour de chance : on a sorti mon numéro de dossard (12) au tirage au sort, ce qui m'a renvoyé à la maison avec ... une caisse de produits Sano-vita, c'est-à-dire : des boites de muesli, flocons de maïs, de blé, de céréales, des fruits secs, des abricots déshydratés... et un tas d'autres produits alimentaires, tous excellents pour la santé du.. sportif (et des autres aussi).

thcali8Il reste encore un élément dont je n'ai pas parlé : la ville de Calimanesti. J'ai traversé cette ville la première et unique fois en 1994, descendant en voiture depuis la Hongrie et me dirigeant vers Bucarest. La ligne directe est donc Sibiu - Pitesti, passant par Calimanesti et Râmnicu Vâlcea. J'avais été frappé par la beauté de cette vallée qui s'étend entre la rivière Olt et les massifs de Cozia et Capatânii et j'avais songé y revenir un jour en touriste. Tout ceci a été oublié avec les années et je n'étais jamais revenu en touriste. Maintenant, c'est fait et je peux dire que la ville est aussi agréable à visiter qu'à regarder d'en haut. Même sans avoir trop le temps d'admirer les paysages, j'ai quand même eu quelques moments pour apprécier cette nature et m'extasier devant sa beauté. Merci aux organisateurs de nous laisser gouter à ces moments fabuleux.

En résumé : Cozia MTB : Quelle souffrance mais quel bonheur !    

La Broaste, une course contre...la boue !

Ça devait être une course facile, de récupération, compte tenu de mon expérience de l'année dernière. C'était sans compter sur le déluge qui s'est abattu sur la région la nuit même de la course, laissant derrière lui un paysage de désolation, des terres inondées, bref de la boue partout, même dans la zone de départ où le vaste parking sur herbe avait été interdit aux voitures. Il fallu trouver une place dans les rues de la petite localité de Sitaru. Il fallait bien entendu oublier le temps de 1h39 accompli en 2016, en espérant finir simplement la course, sans plus. Mon temps final de 3h39 en dit assez long sur la différence entre un parcours sec et un parcours boueux à l'extrême.

thnese4Inutile de dire que je suis déçu de cette course, mais en plus, j'ai mal encaissé le cumul de la thnese3course de la semaine précédente avec celle-ci : de vives douleurs à l'épaule me rappelèrent à la raison : j'ai absolument besoin d'une pause. C'est pourquoi j'ai abandonné mon vélo pendant une semaine pour jouer les touristes en Bulgarie. Une bonne semaine de repos qui va me permettre -j'espère-  de repartir du bon pied.  !

Pour en revenir à la course, que dire? Que ce fut une longue bataille pour rester en équilibre sur le vélo, pour éviter les chutes des autres concurrents, pour pousser un vélo très alourdi par la boue, le nettoyer très souvent. Ces quelques vidéos vous éclaireront tout à fait, si vous aviez encore des doutes.

Après la cohue du départ, on suit un chemin herbeux qui longe la forêt pendant quelques hectomètres. Les dépassements sont hasardeux et on commence déjà à patauger dans les flaques d'eau pour éviter la boue qui s'accumule au centre de la route, à cause des nombreux passages des coureurs. Il faut dire que nous sommes partis les derniers, avec la 5ème vague de coureurs ! A ce moment, tout le monde est encore optimiste et le peloton reste assez groupé (vidéo 1 : le départ : 2'09" : https://youtu.be/UE02idodfI8). Mais dès l'entrée dans la forêt et le rétrécissement de la route, les choses se compliquent. Les chutes commencent à pleuvoir mais je n'ai pas trop à me plaindre, mes pneus "Hutchinson Toro", spéciaux pour la boue, font un très bon travail et le problème vient surtout des autres (vidéo 2 : chutes : 0'27" : https://youtu.be/evlHIVjAOv4). Et un peu plus loin (vidéo 3 : chutes2 : 0'52" : https://youtu.be/n5XTVFa4Q8E). Après quasiment une heure de "navigation" entre flaques et boue, voici enfin la meilleure partie du circuit, une "belle route" comme on n'en a plus vu depuis longtemps. Malheureusement, elle ne durera que 9 minutes pour moi (encore moins pour les autres) (vidéo 4 : belleroute : 9'08" : https://youtu.be/cyDKVDkxzB8) mais me permettra tout de même de dépasser 12 concurrents, tandis qu'un seul prendra ma mesure. Comme je l'ai dit plus haut, une des activités principales des coureurs sur ce parcours fut de nettoyer régulièrement le vélo... avec tout ce qui tombait sous la main : branches, feuilles, bois... La boue transportée par les pneus  venait se coller dans la fourche (devant), dans le pédalier (milieu) et dans le dérailleur (arrière). Une fois, ma chaine a même sauté. Au passage le long du lac, tout le monde en profitait pour essayer de faire un meilleur nettoyage, carrément dans le lac (vidéo 5 : nettoyage : 1'58" : https://youtu.be/PK1hEzNnWYE). Pour comble de th01 broastemalchance, aucun photographe n'a réussi à m'immortaliser durant ce parcours. C'est la première fois que cela arrive. Aurais-je été trop rapide pour ces messieurs-dames :) ? Par bonheur, ma femme ne m'a pas raté à l'arrivée; Quel exploit !

A vous de juger de ma tête à quelques mètres d'en finir avec ce cloaque. 

lire la suite : été 2017