Le vélo autrement

Courses de l'été 2018

Topoloveni, encore la malchance ! (23 juin)

C'est ma 3ème participation à cette épreuve. C'est ici aussi que j'ai découvert le "Riders", il y a 2 ans. La dure réalité de mes piètres capacités de grimpeur dans les 3 "buttes", mais aussi le plaisir des longues descentes caillouteuses. L'année dernière, comme je l'ai raconté,  je m'étais réconcilié avec cette course. Cette année, je reviens après 3 semaines de repos total suite à ma blessure des côtes froissées. Ce laps de temps m'a permis de bien réfléchir à la tactique à utiliser pour cette course.

L'année dernière, j'avais manqué de peu le "mur" des 3 heures : 2 minutes 42 en trop pour obtenir la médaille d'argent! Je calculai donc qu'un petit effort me permettrait cette fois de descendre en-dessous des 3h. C'est pourquoi j'ai bien analysé tous les "points faibles" de 2017, promettant de les combattre un par un. Mais on sait tous qu'entre la théorie et la pratique, il y a parfois un très grand fossé.

La veille de la course, le staff de reconnaissance annonçait un parcours presque parfait... quelques flaques facilement contournables et c'est tout. A ce moment là, on pouvait dire que les courses de 2017 et 2018 étaient sur un strict pied d'égalité. Et puis il y a eu la nuit, la terrible nuit où le ciel s'est déchiré et nous a envoyé des tonnes d'eau sur la tête et... sur le parcours.

Il pleuvait encore samedi matin en partant de Cornu et j'avais emporté tous mes habits de circonstance. En fin de compte, la pluie s'est arrêtée et on a même eu le soleil durant la course mais les données n'étaient plus comparables. Il allait falloir se battre contre la boue.

Dès les premiers km, les bouchons se reproduirent fréquemment et m'empêchèrent de déployer ma tactique. Malgré tout, à l'entame de la première difficulté -une côte de 2 km- mon temps était toujours fort proche de celui de 2017. J'avais aussi promis de ne pas faire de push-bike, ce que je réussis facilement, effaçant ainsi 4 minutes de marche, juste avant l'arrêt du premier ravitaillement au km 9.

Malheureusement, ce petit gain va vite tomber à l'eau un peu plus loin, entre le km 13 et le km 15. Ici, le chemin boueux creusé de tous côtés par de profondes ornières, bloqua la plupart des coureurs se trouvant devant moi et m'obligeant à mettre aussi pied à terre. Mes chaussures commencèrent à se charger de boue et les pédales SPD devinrent récalcitrantes .... me forçant à me laisser tomber plusieurs fois sur le côté dans les ronces et les épines ! Cette fois, mon objectif était bien fichu : au pied de la première butte du km 15,5, j'avais déjà presque 10 minutes de retard ! Cet écart ne fit que s'agrandir au fil des km : 11 minutes au km 21; 13 minutes au km 24 ainsi qu'au ravitaillement du km 27,5, au pied de la seconde butte.

Ce long push-bike ne va rien arranger, car à partir d'ici, un autre élément va entrer en jeu : la fatigue due à une trop longue période de repos avant une épreuve aussi corsée. Les crampes sont un signe évident que je suis déjà au bout de mes forces et ce n'est que parce que c'est contre ma nature d'abandonner que je persiste. L'écart va se creuser encore plus ...

Presque 20 minutes au km 31 et 24 minutes au dernier ravitaillement, après le passage de la 3ème butte, celle que Strava surnomme "Killer Climb". La dernière partie dans le bois, est pénible et je perds encore du terrain malgré la descente vers la rivière : 26 minutes... où il me fallu un effort surhumain pour me sortir de l'eau. Il faut préciser aussi que le courant était bien supérieur à celui de l'année dernière. Ainsi, je termine 27 minutes plus tard qu'en 2017. La bonne nouvelle ? je suis obligé de revenir en 2019 pour régler cela. Ci-dessous, la longue vidéo (3h30) de cette course :

    https://youtu.be/D1u0h11UTqw

 

FAGARAS – Turul Rezistentei Anti Comuniste (TRAC) 2018

Un tour pour le souvenir (7/8 juillet)

Voilà une course bien originale : sur un thème ancien et fort méconnu de nous, Occidentaux : la résistance d’une poignée de courageux citoyens contre le régime communiste de répression de Ceaucescu.

Le lieu ? La citadelle de Fagaras, construite en 1310, qui servit de prison dans les premières années du communisme (1948-1956). Réputée comme étant l’une des pires de Roumanie.

L’objectif : relier, à vélo, en 2 étapes, la citadelle aux deux villages-clés de la résistance : Poiana Narciselor et Poiana Dragus.

Les deux tracés sont relativement aisés car on n’attaque pas du tout la montagne toute proche … on s’en approche un peu, c’est tout. Un dénivelé de 70 m le premier jour et de 140 m le lendemain. Pas de quoi s’inquiéter donc.

En fait, le plus inquiétant fut surtout l’annonce de (très) mauvais temps sur tout le pays avec des orages violents qui ont déjà provoqué beaucoup de dégâts et de victimes depuis le début de cet été. Finalement, le temps fut excellent le samedi et il a plu un peu le dimanche. C’est déjà ça.

J’avais réservé un appartement dans le centre de la ville, ce qui me permettait d’avoir accès à tout, rapidement, y compris l’entrée de la citadelle et ses abords.

Pour la circonstance, je devais aussi retrouver mon ami Dragos de Sinaia. C’est d’ailleurs lui qui m’avait proposé cette « course ». th01 fagaras

C’est vrai qu’il s’agissait tout de même d’une course chronométrée à l’aller mais en style « promenade » au retour.

A chaque arrivée, nous étions reçu par un comité organisateur, soucieux de ne pas négliger le côté culturel de l’évènement. D’anciens prisonniers ayant lutté contre la tristement célèbre «  Securitate », toujours vivants nous ont raconté une partie des faits qu’il avaient vécu à l’époque, principalement, leur séjour en prison. Des écrivains, des musiciens, des poètes ont agrémenté chacune des réceptions. On a pu également goûter les préparations culinaires cuisinées comme à l’époque. Des ingrédients dont je ne vous donnerai pas le nom car moi-même je ne les connaissais pas. th04 fagaras

Quant à la course elle-même, il n’y a pas grand-chose à raconter car le tracé étant assez plat, ce fut plutôt une sorte de course contre la montre où chacun a essayé d’atteindre puis de maintenir sa vitesse maximum. A ce jeu, Dragos (un homme costaud, puissant) a tenu un excellent rythme que j’ai pu suivre jusqu’au bout… à une distance d’environ 200m, ce qui fait que 30 secondes nous séparaient à l’arrivée.

Le dimanche, la distance plus longue l’a favorisé nettement et lui a permis de me « prendre » un peu plus de 4 minutes.

Mais c’est autre chose qui m’a frappé pendant cette course. A une dizaine de km de l’arrivée, nous nous sommes retrouvés à 3, nous entendant très bien, chacun prenant le relais à tour de rôle. « Le petit train » comme disent les Roumains. Cette bonne entente nous a permis de remonter une dizaine de concurrents. Dans l’ascension de la petite et unique côte du parcours, un de mes compagnons dû malheureusement s’arrêter pour crevaison tandis que l’autre accusait l’effort fait et devait lâcher prise. Je me retrouvai donc seul pendant les derniers km. A quelques centaines de mètres de l’arrivée, le garçon revint sur mes talons et me provoqua au sprint. J’adore ce genre de situation… Vous voulez savoir qui a gagné (le sprint) ? Vous n’avez qu’à regarder la vidéo pour voir s’il me dépasse ou non dans les derniers mètres… sinon, voici la photo

th03 fagaras

Les 2 étapes chronométrées ont totalisé 16,2 + 26,2 soit 42,4 km, distance parcourue en 1h 45 (39’11 + 1h05’48) soit une moyenne de 24,22 km/h.

Et le retour ? Ça devait être une « promenade » ! Effectivement, le démarrage fut assez lent mais après quelques minutes, les esprits se sont échauffés et l’allure a rapidement augmenté, devenant quasiment une autre course. A tel point que 3 coureurs de sont accrochés devant moi… sans mal, heureusement !

Dimanche, ce fut plus calme et je dû d’ailleurs attendre mon compagnon (de Cluj) qui avait un peu trop donné pendant ces 2 jours et qui n’en pouvait plus.. Nous avons donc terminé ce « tour des résistants » à une allure de sénateur. th02 fagaras

La remise des prix apportait une bonne nouvelle, totalement inattendue . Je pensais être dans les 3 premiers dans la catégorie +60 mais les organisateurs ont cru bon, au dernier moment de créer la catégorie +70… Du coup, je me retrouvais, pour la première fois de ma vie, sur la plus haute marche du podium… Regardez ma joie , provoquée non seulement par cette bonne surprise, mais surtout par l’ovation des quelque cent coureurs se trouvant dans la salle !

La vidéo, en 2 parties totalisant 1h45 (39’35 + 66’) est à voir ci-dessous :

    https://youtu.be/LLOkSCFllR8

 

Câmpulung – Lupii Dacilor 15 juillet - 31 km

 Nouvelle chute spectaculaire 

Je venais à Câmpulung dans l’espoir d’améliorer mon temps de 2017  (2h41) où j’avais manqué de peu la médaille d’argent. J’avais donc bien étudié ce résultat et j’en avais conclu qu’une grosse partie de cet objectif serait rempli si je réussissais à arriver au premier sommet en 1h (par exemple) au lieu de 1h05. Les quelques minutes gagnées pèseraient lourd dans la balance car, sur le reste du parcours, ce ne serait pas facile de récupérer, encore que, dans la vallée, tout était possible également. Bref, je pris le départ avec optimisme, d’autant plus que, cette fois, le temps était au grand beau : pas un nuage, pas une menace, malgré les avertissements des jours précédents. Certes, le parcours ne serait pas aussi sec que l’année dernière mais cela ne pouvait en rien modifier le résultat.

Comme d’habitude, après le blocage du départ dû au demi-tour sur l’avenue, le rythme monta rapidement dans les rues de Câmpulung, un itinéraire inchangé et facile jusqu’au virage à gauche vers Leresti et la montagne. Ces 3,5 premiers km en 10 minutes. Un autre bouchon se forme parce que ce virage à gauche est suivi immédiatement d’un autre à droite. Quelques secondes de « sur-place », avant de reprendre la lente montée vers les sommets.

Le 4ème km est passé en 12 minutes, le 5ème en 16’20. C’est ici que le plat de résistance commence  avec de trop nombreux et trop longs « push-bike » : 6ème km en 28’30 ; 7ème en 37’20 ; 8ème en 48’48 ; 9ème en 54’16  et 10ème en 1h02. C’est ici aussi, à 700m du sommet, que je compris la vanité de mon objectif : impossible de faire mieux que 1h05. Il devenait donc à présent « limiter les dégâts » au lieu d’améliorer.

Je m’arrêtai 2 minutes au ravitaillement et repartis après 1h14 de course, soit 7 minutes de plus que l’année dernière. Comment cela fut-il possible ? Je m’interroge encore. Je croyais pourtant avoir fait le maximum dans cette montée. Un peu moins de « push-bike » en essayant de m’arrêter le moins possible. La conclusion logique serait donc que j’ai roulé moins vite, nettement moins vite, parce que 7 minutes, c’est énorme. Ma méforme est-elle donc si importante ? C’est vrai que j’ai eu pas mal de contretemps cette année. Mon bilan préparatif est faible (1060 km contre 1900 en 2017) et les interruptions furent nombreuses. Je dois donc admettre que ce fut insuffisant et que ma saison est fort compromise, d’autant plus que ce qui suit n’est pas pour redorer le blason !

Me voilà donc reparti pour la descente, celle que j’aime et où j’espère tout de même faire mieux qu’en 2017. Je sais, après discussion avec mon entraineur, comment aborder le profond fossé et je me concentre donc là-dessus sachant qu’il est très proche, à quelques centaines de mètres du sommet. Est-ce cela qui m’a empêché de voir cette butte herbeuse cachant un solide roc ? Mon vélo lui, l’a bien senti : blocage net et, pour la première fois de ma vie, j’ai fait un vol plané au-dessus de lui, avec la tête la première qui atterri sur le sol mais heureusement protégée par le casque qui a bien rempli son rôle. Tout de suite, 3 concurrents sont autour de moi pour me relever, prendre de mes nouvelles… Un dame veut appeler le 112 ! Je lui dit que non, tout va (presque) bien et je vais repartir. Le temps de reprendre mes esprits, de franchir à pieds, le fossé qui n’était plus qu’à quelques mètres, et, un peu « groggy », je repars dans la descente toujours aussi caillouteuse où j’essaie tout de même d’aller le plus loin possible.

Je mettrai pied à terre tout en bas, là où la pente dépasse les 30 % pour marcher quelques dizaines de mètres puis reprendre la descente « normale » dans le village. Une heure et demie de course pour 14,1 km… A peine la moitié du parcours !

Après 2 heures de course je m’arrête au ravitaillement du km 20,3… et je continue dans la descente qui n’en est plus une car le pédalage dans les champs aux hautes herbes est pénible. C’est là que la caméra a choisi de m’abandonner : un peu plus de 2h12 et 23 km parcourus. Mais elle me fait rater le meilleur moment de cette descente : les 2 passages de la rivière… Très rafraichissants mais sans image !

Après 2h25 de route et 26,5 km je suis au pied de la dernière difficulté : une succession de montées et descentes dans le village. La toute dernière côte a encore des passages à 17 et 19 % et me verra complètement épuisé. Je dois m’arrêter plusieurs fois (de marcher) pour reprendre mon souffle. Trois heures de course et 30 km accomplis.

Il n’y a plus qu’à se laisser glisser jusque l’arrivée franchie en 3h04 en 219ème position sur 275 participants et 4ème dans ma catégorie. Il y a 2 ans, je prenais la seconde place dans ma catégorie mais en … 3h26 !

Pourrais-je un jour améliorer le résultat de 2017 ? Le temps joue contre moi.

    https://youtu.be/IGQsEdkFbwc

    

Miercurea Ciuc – 12 aout -34 km

Un bout des Carpates orientales

Miercurea Ciuc est reconnue comme une des régions les plus froides de Roumanie mais à cette date, il ne fait froid que très tôt le matin (j’ai constaté 7° à 8h00) . En effet, ici comme dans le reste du pays, la température grimpe allègrement au-dessus de 30° l’après-midi.

C’est donc sous un beau soleil que le départ de ce semi-marathon (le marathon de 70 km étant réservé aux « élites ») est donné à 10h15.

J’avais bien étudié le parcours grâce à une vidéo de l’année passée faite par un concurrent. Mais entre des images qui défilent à l’écran et la réalité, il y a un énorme fossé. J’avais tout de même la vague idée que, avec une différence de niveau positive de 860 m, je n’allais pas me promener beaucoup sur ce parcours.

Sur la ligne de départ, se trouvent juste devant moi, Rebecca et son père, Dan, toujours prêts à partir les premiers. Mais cela n’était pas très utile, car le petit nombre de participants (à peine 150) et la côte de départ ont suffi pour étirer rapidement le peloton et Rebecca a vite rétrogradé pour m’ accompagner une bonne partie du parcours, parfois un peu devant, parfois un peu derrière. Si elle a finalement pris le dessus, c’est de ma faute, car j’ai perdu un temps précieux en essayant de changer la première caméra -qui était épuisée- par la seconde, mais sans succès. Il me manque donc 1h12 de film. Je vais d’ailleurs me débarrasser définitivement de cette caméra -Drift Ghost 4K- que je vous déconseille vivement.

Les 5 premiers km, en légère montée, accomplis en 17 minutes. Les 5 suivants, avec une pente variant entre 5 et 20 % suffit pour disloquer complètement notre petit peloton, chacun faisant ce qu’il pouvait, principalement, du push-bike. Ce qui m’amènera au sommet (1054 m) en 1h20.

La descente, un chemin forestier d’un peu plus de 4 km qui n’est pas des plus aisées se termine après 1h36 de course. Suit une brusque remontée jusqu’au km 16 atteint en 2h exactement. A ce rythme, c’est clair que je ne vais pas descendre en-dessous de 4h, qui est pourtant mon objectif inavoué.thmiercurea02

Jusqu’au km 20, c’est un chemin de campagne plutôt descendant (2h18) avant d’attaquer la remontée vers le second sommet de 1040 m (km 22,7 – 2h45) peu avant le ravitaillement où je remplis un bidon et repars juste derrière Rebecca que je dépasserai 2 fois dans la descente caillouteuse et boueuse aussi par endroit (km 27 et 3h06). Mais un peu plus loin, devant le « mur » qui se dresse devant moi, j’ai bien envie de renoncer… parce que je sais qu’après ce mur, il faut encore grimper 2 km jusqu’au dernier sommet de 920 m. C’est là que je vais perdre beaucoup de temps à essayer de démarrer ma seconde caméra et me laisserai dépasser une dernière fois par Rebecca et un groupe de coureurs. Ce qui va me laisser assez seul tout le reste de la course. Je sens en moi la honte de terminer dernier… J’ai déjà annoncé que, le jour où cela arriverait, j’arrêterais de participer à des compétitions.

En fait, je l’ai échappé belle. Pour cette fois : 4 coureurs termineront encore derrière moi !

Plusieurs fois déjà, j’avais songé - comme une boutade - « mais qu’est-ce que je fous ici  dans cette galère? » en sachant très bien que ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Mais cette fois, ce n’est plus une boutade. Je suis bien résolu à abandonner la compétition si cela arrive. Comme je l’ai déjà dit : « le temps joue contre moi »

Pour en finir avec cette course, j’ai finalement atteint le sommet (à pied!) soit 29,4 km en 3h48. Il ne reste plus que 4 km à descendre (avec toutefois quelques remontées!) et franchir la ligne en 4h13 !thmiercurea01

A ma grande surprise, je suis accueilli par un petit comité qui me félicite et me prie de me présenter à 17h, à la remise des prix… Je sais ce que cela veut dire : ils ont évidemment flashé sur mon (grand) âge et veulent me remettre un prix, le prix du plus vieux. Vous savez déjà : en Roumanie les vieux comme moi marchent avec une canne !

La prochaine course de Saschiz (comme les suivantes) sera importante pour savoir si, vraiment, j’ai « pris un coup de vieux » et si je ne suis plus du tout dans le coup.

    https://youtu.be/eJrm_jNDUC4

Transilvania Bike Trail Race - Saschiz - 42,5 km - 18 aout

Où l'espoir renait !

Beaucoup d’appréhensions de ma part, avant cette 8ème épreuve de la saison. La plus importante, sans conteste, était liée à la longueur et la difficulté du parcours. Il faudrait résister 8,5 km en plus qu’à Miercurea Ciuc, avec la même différence de niveau (860m) .

Un autre élément de ma réflexion fut le nombre considérable d’inscrits (uniquement dans notre course) : 725, auxquels il fallait ajouter les concurrents de la longue distance (242) puisque le départ des 2 courses était annoncé pour 10h00 et en même temps. Finalement, il semblerait qu’un premier départ ait été donné à 10h00, peu avant le nôtre. Je ne peux le préciser car le bruit était tel dans la zone de départ que je n’ai rien entendu, étant de plus occupé à bavarder avec mes amis retrouvés pour la circonstance: Serghei et Dragos. J’avais donc décidé de partir (très) prudemment afin d’éviter un accrochage stupide car le premier km, dans Saschiz, était fait de plusieurs virages en angles droits, à gauche puis à droite. Même dans la longue montée de 5,5 km, on était continuellement encadrés de coureurs mais aussi dépassés sans arrêt, par la gauche ou par la droite, par ceux qui voulaient sans doute rattraper le temps perdu au départ. Les choses se calmèrent nettement à l’entrée du bois, atteinte pour ma part, en 25 minutes. Bien entendu, les deux « costauds », Serghei et surtout Dragos, étaient déjà bien loin devant moi. Le parcours dans le bois est un long « single trail » d’environ 14 km, plutôt montant puisqu’on passera de 580m à 727m, le point le plus haut de la course. Elle me plait beaucoup cette section car j’adore zigzaguer entre les arbres mais malheureusement, tous les concurrents ne sont pas du même avis, et à chaque passage un peu compliqué, les habituels blocages se produisent. Une anecdote à signaler : vers le km 17,5, je fus dépassé par mon ami, Dan Caloianu, filant comme une fusée, car le pauvre avait dû réparer une panne de changement de vitesse et perdit ainsi toutes ses chances de monter sur le podium. (min 36’18 du film)th01 saschiz

Je passai le sommet (19,1 km) en 1h45 d’où il n’y avait plus qu’à se laisser glisser gentiment jusqu’au premier monastère de Messendorf. (21,3 km en 1h53). Je m’arrête pour remplir un bidon et repars 4 minutes plus tard.

Il faut maintenant attaquer le second sommet de la journée, situé à 673m au km 22,9. C’est le premier véritable « push-bike » qui me prendra une vingtaine de minutes. (2h17)

La descente vers le second monastère de Crit est principalement un single-trail assez large qui me convient bien ce qui me permet de l’atteindre assez rapidement : 28,9 km en 2h40. Je m’arrête encore 3 min. pour remplir ma gourde.

Il reste encore un « petit » sommet à 613 m mais la route de campagne pierreuse mais cyclable, me permet de dépasser quelques concurrents fatigués. 31,7 km en 3h09. Encore une petite traversé de forêt et on retrouve les petits chemins de campagne, d’abord en terre, puis en asphalte… nous amenant au troisième monastère de la journée : Cloasterf, au km 35,3 en 3h19.

Maintenant, la route est belle jusque Saschiz et je me sens parfaitement bien, pas fatigué et avec envie de (re)gagner quelques minutes perdues…. Ce sera sûrement le cas, car, très près de l’arrivée, j’aperçois tout à coup devant moi, poussant son vélo, mon ami Serghei. Cela me donne un « coup de fouet » et je le dépasse en essayant de l’encourager : « Allez Serghei, c’est presque fini !»

Il va bien s’accrocher et franchir la ligne 10 secondes derrière moi.

Mais pour moi, « mission accomplie » car je suis resté sous les 4h et surtout, je n’ai pas souffert… et aurait donc pu faire mieux.th02 saschiz

Temps final : 3h47 – 426ème sur 612 …. Serghei : 427ème en 3h48 et Dragos 386ème en 3h36

Une course exceptionnelle à tous points de vue.

La vidéo ne contient que 2h50 de film , les derniers de la course, car j’ai enclenché la caméra 58 minutes après le départ pour épargner la batterie.

    https://youtu.be/ClQznw5f4SY

 

Maratonul Olteniei - Râmnicu Vâlcea - 31 km - 25 aout

Une confirmation dure à digérer.

Si j’excepte « la Broaste » du 2 mai, où l’on avait connu des conditions épouvantables en 2017, toutes les autres courses de cette année ont été « ratées » au niveau de mes objectifs qui sont de toujours faire mieux, ou en tous cas, faire au moins aussi bien. De Topoloveni, en passant par Câmpulung, et terminant par Râmnicu Vâlcea, tout a été de travers et je n’arrive pas à comprendre pourquoi.th18oltenie

La course de cette semaine enfonce encore le clou plus profondément. Pas moins de 37 minutes perdues sur le résultat de 2017 ! A la rigueur, j’aurais admis quelques minutes de différence car le parcours de cette année était plus mauvais, avec de nombreuses ornières creusées par les pluies incessantes de juin et juillet. Mais pas un tel écart ! La fatigue accumulée ces dernières semaines (3 semaines de suite, avec des déplacements assez longs) a sans doute joué un rôle car je ne suis jamais « entré » dans la course, comme je le fais d’habitude après une ou même deux heures « d’échauffement ». D’ailleurs, au premier (petit) sommet (5,5 km) j’avais déjà 9 minutes de retard et au grand sommet (10,5 km) , 20 minutes !

Et cela, malgré tous mes efforts pour monter plus vite lors des « push-bike » . Mais les jambes ne suivaient pas. La volonté y était mais pas les guibolles.th16oltenie

La longue descente de 4 km me permet de retrouver un peu de punch, sans pourtant prendre trop de risques. Les organisateurs nous avaient bien avertis sur les dangers de cette pente, pleine d’ornières cachées par les herbes. Je n’y ai pas pensé du tout… dévaler est mon seul plaisir dans ces courses de montagne. C’est ainsi que j’y ai réalisé sans doute le meilleur score de la journée : 40 secondes de mieux que l’année dernière.

Mais dans les 6 km qui suivent et qui nous emmènent jusqu’au second sommet, je vais aussi beaucoup souffrir. Je suis déjà à bout et c’est seulement mon mental qui me permet de continuer. Il y a de moins en moins de coureurs autour de moi mais je m’accroche pour ne pas me retrouver seul et terminer lanterne rouge.

J’atteins le sommet après 3h27 de souffrance. J’ai perdu 35 minutes jusqu’ici mais, bizarrement, je ne perdrai presque plus rien jusque l’arrivée. Peut-être les gels et liquides « High Energy » que je prends régulièrement sur les conseils de mon entraineur ont-ils joué un rôle ? En tous cas, je commence à me sentir mieux et je vais même remonter le moral d’un jeune homme qui était assis sur le bord de la route et ne voulait plus avancer !th08oltenie Je lui ai expliqué que, la course, c’était comme la vie : il y a des moments durs, mais aussi des moments joyeux : c’est ce qui va se passer lorsque tu franchiras la ligne d’arrivée. Je ne sais pas ce qu’il a fait ensuite : je ne l’ai pas revu !

C’était la dernière côte se terminant au km 26. J’ai déjà dépassé de loin les 4h que je m’étais fixé et il reste encore la descente de 5 km. Ne croyez surtout pas qu’il n’y ait qu’à se laisser aller gentiment vers le bas. Pas du tout, car les organisateurs ont trouvé la pire descente vers Râmnicu : des fossés énormes (à glisser sur le derrière) , des buttes à escalader et bien sûr, slalomer dangereusement entre les arbres….

C’est pourquoi il me faudra encore 23 minutes avant de franchir la ligne d’arrivée !th04oltenie

Non, je ne suis pas encore le dernier : 168ème sur 200  et puis, comme d’habitude, je suis toujours le plus vieux et cela impressionne beaucoup les Roumains qui m’applaudissent à tout rompre lorsque je monte sur le podium pour recevoir ce prix.

Encore une course difficile la semaine prochaine à Medias, et puis j’aurai besoin d’un long repos.

Quant à la vidéo, elle est complètement ratée, elle aussi, vu qu'en voulant épargner la batterie, je me suis plutôt emmêlé les pinceaux... il reste 2h30 de moments dispersés dans la course :

    https://youtu.be/Rq7puuDXA7s

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Medias bike maraton - 1 septembre - 29 km

J'étais venu à Medias avec le même stress devant une course qui, à première vue, n'était pas faite pour moi. Mon moral était donc très bas et de plus, après un voyage trop long, dû en partie à une erreur de parcours, la fatigue m'empêchait de penser positivement.thmedias01

Aucun entrainement la veille de la course. Je me suis contenté d'aller chercher mon dossard -en voiture- , de faire un petit tour des environs du départ et ensuite de profiter du très bel hôtel où nous étions logés. De là, la vue sur les collines environnantes était superbe mais ne me rassurait pas du tout, au contraire.

thmedias03Le matin de la course, je rencontrai un ami de Medias, avec qui j'avais parlé à Râmnicu Vâlcea. Il m'invita à faire un petit tour d'échauffement sur les premiers km de la course. Cela suffit à faire germer une idée dans ma tête. Lui, Ionel, un homme de 60 ans, participe à la "petite" course de 25 km. Pourquoi donc irais-je me bruler dans celle de 40 km? Je lui annonçai mon intention d'échanger mon dossard, ce qui se fit assez facilement et rapidement.

Tout à coup, me voilà soulagé et "regonflé" à bloc avec mon nouveau dossard. Le parcours de 25 km (en réalité, 29) est bien plus abordable. Son profil me donne la certitude qu'il est tout à fait à ma portée. thmedias04

Ionel me présente ensuite une jeune dame qui va faire son premier concours. Elle est peu entrainée mais a découvert le MTB récemment et pense qu'elle peut réussir ce parcours. Vous la verrez tout au début de la vidéo lorsque nous sommes côte à côte sur la ligne de départ. Elle se prénomme Raluca et doit avoir une trentaine d'années. Vous l'apercevrez de temps en temps tout au long du film car elle a pu m'accompagner presque jusqu'au bout. Elle a cédé dans la dernière descente sur la ville. 

thmedias02Les 3 premiers km sont en légère montée, dans les rues de la ville mais, juste avant notre hôtel, le plat de résistance commence. Je passe devant l'hôtel en un peu moins de 9 minutes mais pour arriver au sommet de 469m (km 6), il me faudra 21 minutes. Soit une demi-heure pour ces 6 premiers km.

On continue de monter, mais très graduellement, par une succession de petites montées et descentes. Le 10ème km en 49'30 et le plus haut sommet (508 m) au km 14,7 en 1h20. La longue descente sera entrecoupée de brusques remontées jusqu'au km 20,7 en 1h46. Là se trouve la dernière "butte" qu'il faut grimper -en push-bike bien sûr.

Durant cette montée, les deux heures de course sont dépassées (km 21,6). C'est là que je vais lâcher Raluca. Il reste un plateau très accidenté de 3km avant la descente finale agrémentée d'un court passage abrupt où je préférai tenir mon vélo à côté de moi. Ensuite, sortie de la forêt juste derrière notre hôtel et 3 km en ville mais cette fois, en descente rapide (6 min). Temps final : 2h32 - 115ème sur 159.  Très belle course, agréable et peu fatigante.

    https://youtu.be/N67KOcni_NI

Câmpina Open MTB - 9 septembre – 15 km

C’est ma 4ème participation à cette course qui se déroule tout près de chez moi. J’avais participé pour la première fois, par hasard, en 2012, puis en 2013 sans aucun objectif ni préparation, ni matériel adéquat.

En 2016, comme on peut le lire dans la rubrique « Automne 2016 », je n’avais pas brillé beaucoup avec ma moyenne de 6,73 km/h ! Chaque année nous donne droit à un nouveau parcours… toujours aussi compliqué et difficile.

Cette fois, on l’a raccourci de 6 km (15 au lieu de 21) et on change complètement de zone. De la colline de Muscel en face du départ, on va contourner le plateau et descendre devant l’église de la « Naissance de la Vierge » et remonter vers l’hôpital de Voila puis vers le village de Sotrile d’où on grimpe dans la forêt pour revenir ensuite vers Muscel, le long de la rivière. Autant dire que ce sera là le nœud du problème. Le mauvais temps a détruit les chemins et sentiers de la zone. Les organisateurs ont bien essayé d’améliorer quelques passages mais le résultat est très mince, surtout après le passage des premiers coureurs qui sont les seuls à profiter du terrain modifié. Deux kilomètres de cauchemar ! Dommage parce que la première partie – et moitié- de la course me convenaient très bien. Je savais que je pouvais monter sans difficulté jusque Sotrile, la route étant asphaltée et plusieurs fois utilisée dans mes entrainements. La seule inconnue était la colline du départ que j’aurais voulu escalader sans mettre pied à terre. La veille, je me suis testé sur environ trois quarts de cette montée et j’en avais déduit que c’était faisable. Malheureusement, les circonstances sont tout autres dans une course : il y a tous les autres qui peinent aussi, dépassent, s’arrêtent brusquement sans s’occuper de celui qui suit….Bref, j’ai été gêné par un garçon qui m’a coupé la route en se déséquilibrant. Impossible de remonter sur le vélo en pleine côte et avec du monde autour de vous… D’où, quelques minutes de push-bike mal digérés ! th01 campina

Après cet épisode, la montée vers Sotrile fut sans problème et j’atteignis la mi-course (7,5 km) en 43 minutes. Un peu plus loin, commence la remontée vers Voila , deux km avec peu de vélo et beaucoup de « push-bike ». Sommet (9,7 km) en 1h18 et les 10 premiers km en 1h19. Reste la longue et belle descente vers la rivière. Cinq km de pur bonheur, d’autant plus que je connais une bonne partie de cette route qui est en très mauvais état mais cela ne m’empêche pas de me donner à fond, remonter encore quelques concurrents et boucler la course en 1h42, soit 8,82 km/h. C’est mieux que mes 3 précédentes participations mais avec de tels changements chaque année, il est difficile de faire des comparaisons. Quoi qu’il en soit, je suis très satisfait de ma course, satisfait d’avoir pratiquement atteint mes objectifs.

Ici, la vidéo de la course :

    https://youtu.be/YsCkyHWoC9k

Cheia MTB Challenge - 16 septembre – 28 km

Un vrai podium

Un podium gagné à la sueur de mon front et non plus grâce (ou à cause) de mon âge, ça, c’est plutôt une surprise. C’est vrai aussi que nous n’étions que 4 concurrents « cinquantenaires » mais je savoure tout de même.

Cette course ressemble beaucoup à celle de Bicaz, avec un chemin montant jusqu’au sommet (modeste) de Stanii à 947m , alors que tout autour, se trouvent des sommets à plus de 1500m. Mais pour moi, les organisateurs ont fait un bon choix, évidemment.

Avec un dénivelé total de presque 600m, cette course me permettait donc de souffler un peu. Une fois le sommet atteint, on faisait une petite boucle permettant de faire demi-tour, après avoir rejoint le parcours montant. Les «montants» pouvaient donc voir les «descendants» et réciproquement.

C’est à environ 3,5 km du sommet que je croisai le premier de la course, un Argentin, filant vers la victoire sans aucune opposition. Pour ma part, sommet atteint en 1h13 pour les 13,7 km, d’où on repartait dans l’autre sens, avec, théoriquement, un avantage appréciable: à l’aller, on avait 3 «petits sommets» à escalader, tandis qu’au retour, on n’en avait plus que 2. Cela se vérifia d’ailleurs dans les chiffres: 58 minutes pour le retour. Un temps total de 2h10’46’’ pour les 27,1 km, soit une moyenne de 12,85 km/h, une moyenne presque jamais réalisée dans une course «de montagne». (En 2017 j’avais fait 13,11 à Topoloveni et 13,62 à Paulesti).

Une moyenne facile à expliquer par ailleurs. D’abord, la course s’est déroulée presque exclusivement sur une route suffisamment large pour pouvoir doubler sans être gêné. Ensuite, la pente générale était relativement faible. Je n’ai pas de données là-dessus, mais à mon avis, une moyenne de 3-4%, ce qui m’a permis de rester continuellement sur mon vélo, à 2 exceptions près: une première fois, peu après le départ, un concurrent m’a bloqué et j’ai dû marcher quelques mètres avant de repartir. Une autre fois, dans la boucle du demi-tour où j’ai été surpris par un monticule qui m’a forcé à mettre pied à terre. Il faut tout de même préciser que cette route était surchargée de cailloux de tous calibres et par conséquent, difficile, voire dangereuse par endroits. Si vous regardez quelque peu la vidéo de la course, vous entendrez nettement le bruit des roues sur les cailloux et observerez la navigation un peu chaotique du vélo, ce qui fait que la vidéo danse beaucoup de gauche à droite Il m'en a couté une chambre à air, percée par ces cailloux mais, heureusement, le pneu a tenu le coup jusqu'à l'arrivée. th02 cheia

C’est donc pour moi une grande satisfaction d'avoir pu rouler 2 heures dans une course, sans faire de «push-bike». Ma seconde place ne me semble pas usurpée d’autant plus que le troisième de la course -qui m’a chaleureusement félicité- m’a avoué avoir tenté de me suivre, mais sans succès. Je l’ai laissé 4 minutes derrière moi mais c’était tout à fait involontaire. Je ne lutte jamais contre quelqu’un mais.. seulement contre moi-même.

La fin de saison est décidément beaucoup plus tranquille et satisfaisante que son début. Je ne devrais d’ailleurs plus avoir de craintes car les dernières courses -excepté celle de Sibiu- sont des courses de plat.

Voici la vidéo complète de la course:

    https://youtu.be/89jL3DTbg_Y

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