Le vélo autrement

EMBT Challenge

Explorer MTB Challenge - Valea Iasului - 21 aout - 32 km

En changeant l'endroit de la course, les organisateurs semblent avoir eu pas mal de problèmes. Ils ont d'abord annoncé qu'un propriétaire refusait le passage des vélos sur son terrain et qu'on allait tous faire 2 tours (nouveaux)  de 7 km. Cette annonce me combla de joie mais ce fut de courte durée: ils cherchaient une meilleure solution. Il faut dire qu'en dehors du parcours "standard" de 36 km, il y avait également un parcours long de 65 km. C'était donc assez gênant de déranger 350 coureurs pour faire 14 km. Sûr que certains allaient le leur faire savoir. En fin de compte, en arrivant sur place, j'appris que 2 nouveaux parcours étaient autorisés et que le nôtre aurait environ 32 km. Le profil restait le même, soit environ 1000m de dénivelé, donc un parcours très nerveux sur une distance aussi courte. Cela ne faisait pas mon affaire, m'alignant pour la première fois avec un vélo pas du tout adapté au cross-country. Par bonheur, le temps était resté assez sec toute la semaine, il ne devrait donc pas y avoir beaucoup de boue. th1 embtc

J'eus aussi la chance de bavarder avec un couple, inscrit en "e-Bike" et qui me rassura : "nous on est là pour se promener. Si c'est trop difficile, on descend de vélo et on marche". Je me dis "d'accord", je vais suivre ces deux-là et tout devrait aller bien. En effet, les premiers km furent un enchantement. Jamais je n'avais vu la course de ce côté, c'est-à dire du côté des "hommes forts". Ceux-ci partaient très vite devant moi et jamais je ne les revoyais. Ici, ce fut moi qui les dépassais en vitesse et qui riais sous cape en songeant qu'ils devaient se dire: "quel est  ce tricheur qui nous dépasse?" Bref, ce fut un moment de jouissance extrême. Je vais m'habituer, c'est sûr, mais pour l'instant, laissez-moi profiter de mon bonheur ! En y songeant bien, c'est vrai que c'est injuste, ainsi que me l'a crié mon ami Mircea. Les "e-Bike" devraient concourir à part, mais pour l'instant, il y en a trop peu : ici nous étions seulement 7 (sur 350).

Après ce premier quart d'heure euphorique, commença la véritable course. On était entré dans la forêt, suivant un chemin agricole très abîmé. On eut dit qu'il avait été labouré. Il en résultait une sorte de toboggan sur lequel mon vélo rigide ne résista pas : je dus mettre pied à terre et marcher. Je voyais d'ailleurs les autres concurrents qui faisaient de même, la plupart. La descente qui suivit était aussi en très mauvais état et me fis faire ma première chute ou plutôt, glissade. Je savais que si cela arrivait, j'aurais du mal à me relever... et surtout à relever ce vélo de plus de 30 kg ! C'est ainsi que les 20 premières minutes m'ont fait parcourir environ 2,7 km (moyenne 8,1 km/h). La descente continue avec ce chemin un peu plus roulant mais je devrai encore marcher quelques mètres avant de rejoindre enfin une route asphaltée, me permettant de rouler à 40 km/h...pendant 2 minutes et avant de reprendre un chemin forestier montant empierré. Les dépassements reprennent et me permettent de passer 5,4 km en 30 minutes (moyenne 10,8 km/h). Le petit jeu continue : je te dépasse puis tu me dépasses....etc... Il faut parfois marcher un peu pour contourner une zone boueuse difficile. Je passe à 7,8 km en 40 min (moyenne 12 km/h). A chaque montée, je dépasse; à chaque descente, on me dépasse. Après 50 minutes de course, j'ai fait le vide autour de moi et il n'y a presque plus personne à dépasser, si bien que je me retrouve dans une zone pas très bien signalée et qui m'oblige à interroger les spectateurs. Il y a 2 courses qui ont une partie du tracé en commun. Impossible de savoir sur quel tracé je suis et les spectateurs ne savent pas mieux ! Enfin, on quitte le chemin empierré et un spectateur me confirme que je suis bien sur le bon parcours !

Le chemin asphalté ne dure pas longtemps et à la sortie du village, on retrouve les cailloux. Nous sommes en train de monter vers notre 3ème sommet qui me fais passer au 13 km après une heure de course. La moyenne s'améliore. Un peu plus loin, au ravitaillement, je rencontre un vieux monsieur barbu (c'est une blague) qui s'inquiète de mon âge... il me croit même octogénaire !!! Je suis donc si vieux que ça ?? Lui est sexagénaire mais il roule toujours en MTB... Il me dit qu'il espère pouvoir faire pareil que moi... un jour ! th2 embtc

Au 14,5 km, on passe le plus haut sommet de la course : 774m, mais un peu plus loin, je fais ma première et seule erreur de parcours en suivant un coureur, au lieu  de suivre les marques sur les arbres. Quelques minutes de perdues, mais je ne suis pas pressé : on est venu pour s'amuser et se promener n'est-ce pas ? Je retrouve les marques rouges et je continue les zigzags entre les arbres. Encore un passage boueux au km 15, passé assez rapidement. Le parcours alterne les chemins campagnards et forestiers. Au km 16,4, une autre zone boueuse à contourner. Le problème n'est pas tellement la perte de temps mais surtout l'obligation de marcher dans la boue qui s'insère dans la plaque de la chaussure. Cette plaque doit se "clipser" dans la pédale, ce qui devient difficile avec la boue. C'est pourquoi on entend le bruit que je fais pour enlever cette boue en frappant la chaussure contre la pédale. Cela n'est évidemment pas très bon, ni pour la chaussure, ni pour la pédale, ni même pour le vélo mais il n'y a pas d'autre solution.

Au km 17,2, on entre dans un village et on peut profiter de l’asphalte. Cette belle route me permet de passer le km 20 en un peu moins d'1h29 (moyenne : 13,48 km/h). On roule maintenant sur la grand route qui mène à Curtea de Arges. On la quitte 1 km plus loin pour emprunter un chemin empierré qui va venir à bout de mon garde-boue arrière. La vis de fixation est tombée et le garde-boue s'est mis à danser dans tous les sens. Je m'arrête pour réparer car je connais ce problème et j'ai pris avec moi des vis de rechange. Deux minutes pour réparer mais vous ne verrez rien car j'ai coupé la vidéo. J'ai aussi coupé un push bike  de 4 minutes peu après le km 25. C'est la partie la plus hard  du parcours et le vélo qui a déjà beaucoup souffert ne résiste pas à l'effort violent donné sur les pédales au début d'une longue montée : la chaîne dérailla et se coinça dans le pignon. Je mis 17 minutes à la remettre en place ! Après cela, le dérailleur fis encore quelques grimaces mais finalement, je pus continuer sans aucun autre problème et franchir la ligne d'arrivée en 2h27, soit une moyenne de 13,06 km/h.   th3 embtc

Comme vous voyez, tout n'est pas rose dans ce récit. Une épreuve de MTB, reste une épreuve de moutain bike  ce qui signifie un genre de cross-country sur vélo. Le vélo électrique n'est donc pas vraiment indiqué pour ce genre d'épreuve. L'idéal serait de connaître le parcours afin de savoir à quoi s'attendre. Les épreuves de MTB ne sont pas toutes du même niveau. J'avais participé à l'épreuve précédente du EMBTC en 2019 mais c'était un tout autre parcours que j'aurais pu refaire sans problème  en e-Bike. Ce n'était pas le cas ici.    

Vidéo de la course : 

    https://youtu.be/YwvFj_xhcVI