Le vélo autrement

Lupii Dacilor (Câmpulung)

 

Lupii Dacilor à Câmpulung - 3 octobre - 29 km

C'est ma 4ème participation à cette course mais la première sur vélo électrique. Mes 3 autres participations sont déjà bien anciennes avec des résultats en "dents de scie" :  3h26 en 2016; 2h41 en 2017 et 3h04 en 2018. Cette fois, j'ai franchi la ligne après 2h06 de course. Evidemment, le gain est appréciable et aurait pu facilement être encore bien supérieur. Mais mon but n'est pas d'arriver le plus vite possible, mon objectif est de me familiariser le plus possible avec cette nouvelle manière de conduire.

L'ingénieur-mécanicien qui a fait dernièrement la révision de mon eBike m'avait fait une proposition assez bizarre et tout à fait inattendue : faire passer la vitesse maximum du vélo à 45 km/h au lieu des 25 autorisés par la loi, et cela,  par une simple manipulation du moteur. !  J'avais évidemment refusé mais je comprends mieux maintenant comment certains participants en eBike réussissent des temps extraordinaires : le premier de cette catégorie a réussi le parcours en 1h07, alors que le coureur "régulier" en catégorie "Elites" l'a fait en 1h14. En clair, cela signifie que le coureur "eBike" a tenu une moyenne de 26,75 km/h alors que le coureur "Elites" n'a réussi que 24,22 km/h ! Et tout cela, alors que les vélos électriques sont censés ne pas dépasser les 25 km/h (lorsqu'ils se servent du moteur.). Je comprends aussi les récriminations d'un coureur "régulier" sur Facebook: il y dénonçait justement cette anomalie de course et j'avais "liké"  son commentaire.  Si on commence déjà à tricher de la sorte, alors que les compétitions "eBike" sont à peine acceptées, c'est sûr qu'on va directement à leur perte. thlupi1

Il y a un autre élément important dont je dois parler ici. Le moteur électrique possède 4 niveaux de puissance, du plus faible au plus fort : ECO, TOUR, eMTB et TURBO.  En fait, ce n'est pas tout à fait vrai car "eMTB" est à part. Cette vitesse s'adapte automatiquement à la force de pédalage: plus on appuie sur les pédales, plus le moteur vient en aide. Donc, plus le parcours est montant, difficile, plus le moteur vous aide. Mais si la pente est vraiment abrupte et longue, alors il faut absolument passer en "TURBO" car le moteur ne sera plus assez puissant. Personnellement, j'ai utilisé 80% le eMTB et 20% le TURBO. J'aurais pu faire le contraire et gagner... 20 minutes ou plus? Mais ce qui m'intéresse, c'est de rouler le plus possible comme les autres concurrents, donc en eMTB, parce que c'est le mode qui se rapproche le plus du MTB. En regardant le classement final de cette course, je constate que je suis le dernier de la course, ce qui est normal, mais que tous les autres concurrents de la  liste ont accompli le trajet en maximum 1h30, soit au moins 36 minutes de moins que moi. Difficile à justifier ! Eux n'ont pas du tout les mêmes objectifs que moi et pourtant, il n'y a rien à gagner : une médaille, un diplôme et quelques produits "Gold Nutrition" mais que tout le monde a déjà reçu, rien qu'en s'inscrivant à la course. Je trouve cela stupide.   

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C'est tout cela que j'ai dû découvrir et apprendre peu à peu depuis 1 an. Ceux qui pensent que le vélo électrique est simple à manipuler se trompent amèrement. Bien sûr, vous ne planifiez peut-être pas de compétitions MTB; Vous voulez vous promener tranquillement sur de belles routes asphaltées? Alors, pas de problème. Utilisez les 3 vitesses : ECO, TOUR et TURBO, selon la difficulté du parcours.

Je n'ai pas encore dit grand chose de la course proprement dite. Avant le départ, j'ai pu retrouver quelques amis plus vus depuis longtemps : Mircea, Marc, Stefan, Serghei, Mihai (le speaker), Marius qui devait m'apporter une pièce commandée en Allemagne : le couvercle du moteur. Je l'avais perdu à Bran où nous avions passé une semaine de vacances en famille. Une route en travaux parcourue plusieurs fois a dévissé peu à peu  ce couvercle qui est tombé... je ne sais où. Marius ne l'avait pas encore reçu et j'ai dû faire sans lui. Pas question de traverser des ruisseaux ou de trop grandes flaques d'eau : les fils du moteur sont à découvert et je dois donc éviter tout contact avec l'eau.  Le départ est donné à l'heure exacte et nous voilà partis pour les premiers km faciles, dans le grand boulevard de Câmpulung, vers Leresti et la longue montée vers le sommet à 1040m. Je passe sous le pont du chemin de fer en 14 minutes (4 km). Comme d'habitude, le début de la montée est désastreux. Le chemin étroit et complètement ravagé par les pluies et les charrettes provoque un embouteillage monstre. A ce moment le peloton est encore très nombreux et donc, malgré le moteur, je ne peux plus rouler. Premier push-bike de 10 minutes environ. On reprend la montée. Maintenant, la route est meilleure et le peloton a éclaté. Il n'y a plus d'obstacles. Je roule assez vite jusqu'au sommet (10 km), atteint en 50 min.  La descente, par contre, est lente et dangereuse, toujours dans les rocailles, les gros cailloux, les chemins défoncés...Enfin, après plus d'une heure de course, on roule sur une route "convenable". Puis le sentier étroit longeant la voie ferrée est parsemé d'embûches et je devrai parfois mettre pied à terre, notamment pour dépasser un trou énorme dans le sentier après quoi je devrai pousser le vélo pour dépasser la butte au Km 20. Il n'y a plus maintenant qu'à traverser le ruisseau en 3 endroits dont l'un avec une passerelle, mais les deux autres en portant le vélo qui ne pouvait pas tremper dans l'eau. Les derniers km n'ont plus qu'une seule grosse difficulté : la grande butte du km 26, grimpée (à pied) en 9 minutes. Plus rien à signaler jusque l'arrivée des 29,88 km en 2h06 ,soit une moyenne générale de 14,22 km/h. 

Ici, le film de la course : 

    https://youtu.be/3fCDuYee57Y